La prolongation de la saison sèche inquiète les agriculteurs à Uvira

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Uvira, Sud-Kivu : La prolongation de la saison sèche inquiète de nombreux ménages à Uvira, dans le Sud-Kivu, particulièrement ceux qui dépendent de l’agriculture pour leur alimentation et leurs revenus. Le manque d’eau rend difficile l’entretien des champs et risque d’affecter les récoltes.

À Kiliba, plusieurs agriculteurs éprouvent des difficultés à trouver suffisamment d’eau pour irriguer leurs champs. Alice Feza Evelyne, femme cultivatrice dans cette localité, témoigne des difficultés rencontrées.

« Cette situation me pénalise parce que, de fois, nous arrivons au mois de septembre et nous avons déjà commencé avec le potager. Nous faisons tout pour avoir une source ou un puits qui va nous aider à irriguer nos champs, mais pendant cette période, pour avoir de l’eau, c’est un peu difficile. Compte tenu de cette situation, la production n’est pas satisfaisante. Maintenant, on ne sait pas comment vivre », explique-t-elle.

Cette baisse de production affecte également les revenus des ménages agricoles.

« Actuellement, trouver de l’argent, c’est difficile, car là où nous cultivons, c’est là que nous trouvons de l’argent. Maintenant, nous sommes pénalisés avec cette prolongation de la saison sèche », ajoute Alice Feza Evelyne.

À Sange, la situation pourrait également avoir des répercussions sur la disponibilité et les prix des produits alimentaires. Philippe Bahunde, agronome de la coopérative Mukono ya Wa Jenzi de Sange, relève plusieurs conséquences de cette sécheresse prolongée.

« Il se remarque en premier lieu une perturbation du calendrier agricole, deuxièmement un ralentissement de la croissance des cultures existantes. En troisième lieu, il s’observe une faible production, mais aussi beaucoup de dégâts liés à la transhumance parce qu’on enregistre des divagations », explique-t-il.

Selon cet agronome, une diminution de la production agricole peut entraîner une hausse des prix des denrées alimentaires sur les marchés.

« Quand la baisse de la production agricole est observée, le prix des denrées alimentaires sur le marché doit aussi augmenter. C’est pourquoi, avec cette prolongation de la saison sèche, nous aurons à perdre une importante partie des denrées alimentaires », affirme Philippe Bahunde.

Pour limiter les effets de cette situation, il recommande aux agriculteurs de recourir à certaines techniques permettant de préserver l’humidité des sols et d’assurer l’approvisionnement en eau.

« Pour faire face à cela, nous allons conseiller aux agriculteurs de faire l’irrigation, bien choisir l’espace à exploiter et appliquer le paillage », recommande-t-il.

De son côté, Feza Lucie Mashongo, de l’APBD, insiste sur la nécessité de renforcer les moyens permettant aux agriculteurs d’accéder à l’eau, notamment grâce aux équipements d’irrigation.

« La méthode la plus forte, c’est la méthode d’irrigation. Avec le changement climatique, il y a plusieurs défis. Nous faisons aussi des fosses septiques pour conserver de l’eau pendant cette période, par manque des outils nécessaires pour avoir de l’eau, comme des pompes motorisées, des tanks, etc. », souligne-t-elle.

La prolongation de la saison sèche constitue ainsi un défi pour les agriculteurs d’Uvira, dont les activités dépendent fortement de la disponibilité de l’eau. L’accès aux infrastructures hydrauliques et le recours à des techniques agricoles adaptées, telles que l’irrigation et le paillage, apparaissent comme des pistes pour contribuer au maintien de la production et des revenus des ménages agricoles.

Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par La Benevolencija et exécuté par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

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