Uvira : l’état de délabrement routier, un frein mortel aux soins et à l’aide humanitaire

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UVIRA, Sud-Kivu : Dans le territoire d’Uvira, l’état de délabrement avancé des routes transforme les déplacements en véritable parcours du combattant. À Luvungi comme sur plusieurs axes du territoire, les pistes fortement dégradées isolent des communautés, perturbent les activités économiques et compliquent considérablement l’accès aux soins et à l’assistance humanitaire.

Les premières victimes de cette situation sont les populations les plus vulnérables. L’acheminement des produits agricoles vers les marchés devient particulièrement difficile, contraignant certains habitants à transporter leurs récoltes à dos d’homme. Cette situation réduit les revenus des ménages et fragilise davantage les petits commerçants, déjà confrontés à de nombreuses difficultés économiques.

Sur le plan sanitaire, les conséquences sont préoccupantes. L’impraticabilité de certaines routes empêche ou ralentit la circulation des véhicules et des motos. Des malades doivent ainsi être transportés sur le dos jusqu’aux centres de santé, avec des risques de retards dans leur prise en charge. Les femmes enceintes sont particulièrement exposées aux difficultés liées aux longs trajets sur des pistes fortement dégradées. Les personnes âgées et celles vivant avec un handicap, notamment celles qui utilisent des vélos adaptés, voient également leur mobilité fortement réduite, accentuant leur isolement.

Pour les organisations humanitaires, la dégradation du réseau routier constitue également un obstacle majeur. Les opérations d’acheminement des vivres et autres biens essentiels peuvent connaître d’importants retards en raison des embourbements et des pannes d’engins. Des trajets qui devraient prendre quelques jours peuvent parfois s’étendre considérablement, exposant certains produits périssables à la détérioration. À cela s’ajoutent l’augmentation des coûts de transport et les dépenses liées aux réparations répétées des véhicules.

« Même les alternatives comme le transfert d’argent liquide se heurtent à plusieurs contraintes, notamment l’analphabétisme, les coupures d’électricité et les pannes du réseau téléphonique », explique Musambwa Malundu Moïse, chef des programmes de l’organisation humanitaire Popoli Fratelli.

À l’approche de la saison des pluies, les inquiétudes grandissent face au risque d’un isolement accru de certaines communautés. Dans ce contexte, la réhabilitation de la Route Nationale 5 (RN5), qui relie Uvira à Baraka, dans le territoire de Fizi, apparaît comme une priorité pour améliorer la circulation des personnes, des biens et de l’aide humanitaire.

Les acteurs de la société civile et les mouvements citoyens, représentés notamment par Serge Kigwati, plaident pour la mise en œuvre rapide de travaux d’entretien préventif. Parmi les interventions proposées figurent le curage des caniveaux, la pose de gabions, la réparation des passerelles ainsi que la reconstruction durable des ponts.

Au-delà de la question des infrastructures, l’état des routes constitue donc un enjeu humanitaire majeur. Améliorer leur praticabilité permettrait de faciliter l’accès aux soins, de soutenir les activités économiques locales et de garantir un acheminement plus régulier de l’assistance vers les populations qui en ont besoin.

Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par Benevolencija et exécuté par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

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