Ituri : L’INSP et l’UNFPA misent sur 7 langues locales pour intensifier la sensibilisation contre la MVE

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BUNIA : – Dans une province où le français ne suffit pas à sauver des vies, la riposte contre la 17ème épidémie de Maladie à Virus Ebola (MVE) en Ituri change de stratégie. Elle parle de plus en plus les langues des communautés avec la nouvelle approche locale.

L’Institut National de Santé Publique (INSP), avec l’appui technique et financier du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) a clôturé le mercredi 24 septembre à Bunia un atelier stratégique de quatre jours consacré à la traduction, à l’adaptation et à la validation des supports de communication sur la MVE, les Violences Basées sur le Genre (VBG) et la continuité des services de santé essentiels, y compris la Prévention de l’Exploitation et des Abus Sexuels (PSEA).

Placé sous le slogan “Ebola ne doit pas augmenter les risques de violence”, cet atelier visait à garantir que même en situation d’urgence sanitaire, les droits, la dignité et la sécurité des femmes et des filles restent au centre de la réponse.

De la traduction à l’appropriation culturelle

Organisé du 21 au 24 septembre, l’atelier a réuni des traducteurs issus de plusieurs zones de santé touchées et communautés socioculturelles de l’Ituri avec des experts en santé publique et en Communication pour le Changement de Comportement (CREC).

Sept langues locales, les plus parlées dans les foyers épidémiques, ont été ciblées : le Swahili, le Lingala, l’Alur, le Lendu, le Hema, le Kinande et le Lesse.

Le travail a dépassé la simple traduction littérale. Les participants ont procédé à une analyse critique approfondie des visuels et messages produits par l’INSP, proposant des corrections pour lever les tabous, éviter les stigmatisations et assurer une acceptabilité culturelle. L’objectif est de s’assurer que le message ne soit pas seulement traduit, mais compris et accepté.

Placer les femmes au centre de la riposte

Pour les organisateurs, cette démarche est une question d’efficacité épidémiologique et de justice humanitaire.

 “Nous remercions l’UNFPA pour son appui constant. Nous avons fait le constat que de nombreux messages de prévention ne passent pas parce qu’ils sont conçus en français, une langue peu parlée dans les ménages les plus vulnérables. En les adaptant en 7 langues locales et en corrigeant les images pour qu’elles soient culturellement acceptables, nous brisons la barrière de la langue qui coûte des vies”, a expliqué M. Serge Kapanga, l’un des facilitateurs de l’atelier.

L’accent a été mis sur la continuité des services de santé sexuelle et reproductive, un point critique en période d’Ebola où la peur pousse   plusieurs femmes à déserter les centres de santé.

S’adressant particulièrement à cette catégorie, Mme Christelle Nziavake, Coordination inter-agence chargée de la Protection contre les Abus et Exploitation Sexuels (PSEA), basée au bureau de l’UNFPA à Bunia, a été formelle :

« Les femmes enceintes et allaitantes ne doivent pas avoir peur d’aller au centre de santé le plus proche ou à l’hôpital même pendant cette période d’Ebola. Car c’est dans ces structures sanitaires que les soins appropriés sont et restent disponibles. Non seulement je les encourage à consulter tôt dès les premiers signes, mais également à continuer à fréquenter les structures sanitaires de manière habituelle comme avant, tout comme pendant et après l’épidémie, notamment dans le cadre des consultations prénatales et néo-natales. Qu’elles soient rassurées : actuellement, dans les centres de santé et les hôpitaux, les sages-femmes et tout le personnel soignant sont bien formés et équipés pour prendre en charge tous les cas sans se contaminer et sans contaminer les patients.”

Dans la même dynamique de lutte contre les fausses informations et la peur, le Dr Blaise Asumani, l’un des Responsables du Pilier CREC et du sous-pilier Gestion de l’Infodémie, a lancé un appel fort contre la stigmatisation :

« Non à la stigmatisation des guéris d’Ebola. Les vainqueurs d’Ebola ne constituent pas un danger public. Accueillons-les dans les communautés, sans peur. Ils sont bien suivis par la Clinique des guéris et ont besoin de la solidarité communautaire et non du rejet. »

Fidèle à sa devise “Assurer les droits et les choix pour tous”, l’UNFPA entend ainsi prévenir le risque accru de VBG et d’exploitation sexuelle souvent observé en contexte d’épidémie.

Les supports validés seront désormais déployés via les radios communautaires, les relais communautaires et les espaces sûrs pour les femmes et les filles dans les zones affectées.

Pamoja Mapendano Serge – PMS

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