La Sympathie du Président Paul Kagame sur Minembwe est Honnête ?

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Kigali, Rwanda:-La crise dans la région de Minembwe-Bijombo-Kamombo-Itombwe est actuellement dans une phase la plus critique de l’histoire de celle-ci. De milliers de personnes qui seraient estimées à 300.000 ont fui leurs villages dont plus de 250 ont été brûlés par les miliciens et les groupes armés. Le nombre de mort n’est pas encore bien connu, mais on peut estimer autour de 300 ceux qui sont morts depuis Mars 2019. Des écoles et centre de sante ont été détruits ; de champs et stocks de vivres décimés ; et plus de 40,000 vaches ont été razziées par le groupes armés affiliés aux communautés voisines de Banyamulenge. Ces communautés voisines sont Babembe, Bafuliro, Banyindu et Bavira dont les groupes armés qui leur sont affiliés ont longtemps combattu leurs voisins en le présentant comme des ‘envahisseurs’. Les groupes affiliés au Banyamulenge ont aussi été accusé par leurs voisins d’avoir fait recours aux armes en maltraitant les communautés dites autochtones.

Devant cette crise sans précédent dont la « communauté internationale », la Mission de Nations Unies pour la Stabilisation du Congo (Monusco) ainsi que plusieurs acteurs œuvrant dans cette région ont largement failli dans la compréhension de ses contours en le présentant comme une violence inter-ethnique. Tout compte fait, la situation sur terrain a prouvé le contraire ce narratif autour de la violence inter-ethnique. Jusqu’à preuve de contraire, certaines familles appartenant à de différentes communautés ont pu fuir ensemble et Minembwe Centre est l’un de cas présentable. A Rugezi par exemple, les communautés avaient décidé de rester ensemble jusqu’à ce que les miliciens aient envahi les villages. D’indication allant en l’encontre de cette perception d’une violence inter-ethnique sont nombreuses.

Les pays voisins du Congo qui y envoient des troupes (quelque fois par procuration) n’ont jamais été inquiétés. Pour preuve, certains pays, notamment le Rwanda et le Burundi avaient été cités dans cette guerre par procuration. Les rapports de Nations Unies (2015-2019) ont indiqué la part de responsabilité de ces deux pays limitrophes, qui depuis quelques années, vivent au rythme du chat et de la souris. Toutefois, comme a l’accoutumée, les deux pays ont toujours rejeté ces accusations.
Les groupes armés affiliés aux communautés Babembe, Bafuliro, Banyindu, et à moindre mesure la communauté Bavira ont coalisé leurs « forces armés » pour s’attaquer aux Banyamulenge.

Les membres de la communauté Banyamulenge ont été plus ciblés par les miliciens dits Maimai coalisés aux rebelles Burundais Red-Tabara, FNL et FOREBU, selon les informations concordantes en provenance des sources locales ainsi que les autorités locales. Ces derniers groupes Burundais ont été largement, comme l’indiquent les différents rapports de Nations Unies, formés et appuyés par des services de sécurité du Rwanda ; particulièrement, son armée.

Certains analystes croient que la main forte de Kigali derrière Red-Tabara, FNL et FOREBU a été renforcée pour faire face à une menace qui aurait pu provenir aux éléments dits Rwanda National Congress (RNC) qui se seraient installés aux côtés de Gumino. Cette relation entre RNC-Gumino a vu le jour après l’implantation de ces groupes Burundais installés dans le Haut Plateau d’Uvira. Des sources bien renseignent informent que les attaques de grande envergure ont eu lieu dans les Hauts Plateaux de Minembwe-Itombwe-Kamombo alors que ces éléments RNC se seraient déjà retirés dans cette région.

Sans verser dans la notion de qui a la légitimité de faire par rapport a qui, la question principale se pose au niveau de responsabilité de tout acteur ; mais beaucoup plus d’armer des groupes qui ont été caractérisée par des discours de haine à caractère racial. C’est dans ce sens que cette crise a, d’une manière particulière, ciblé la communauté Banyamulenge dont leur appartenance aux terres congolaises est contestée par leurs communautés voisins ; et presque la majorité de leurs économie (vaches) a été détruite.

Devant cette situation tragique, un groupe de personnes ont fait recours aux Medias Sociaux pour attirer l’attention du monde face à cette situation qui conduit tout droit à l’extinction totale d’une communauté entière. A la suite de la campagne menée par les internautes qui s’appelle #SaveMulenge, le journaliste d’une media de Kigali a posé une question au Président Paul Kagame en vue de savoir où seraient les négociations autour d’une opération conjointe pour traquer les groupes armés à l’Est du Congo ?

Faisant allusion à cette campagne en ligne #SaveMulenge, le journaliste de Kigali Today voulait savoir si ces négociations vont encore prendre de temps alors que la situation à Minembwe continue à se dégrader. La réponse du Président Rwandais peut apparemment s’analyser comme ironique vis-à-vis de l’implication de son armée dans la tragédie qui s’est abattu et continue à s’abattre sur Minembwe-Kamombo-Itombwe-Bijombo ; et Banyamulenge en particulier. Connu souvent sur ses positions extrêmes contre les actes de génocide, il l’aurait compris qu’armer les groupes tels que les Maimai ne peut que conduire à une situation tragique comme celle dont vit la population de Haut plateau aux alentours de Minembwe.

Partant des rapports du groupe d’experts de nations Unies ainsi que plusieurs indications actualisées prouvant la participation active des éléments Burundais dans la destruction totale de Minembwe-Itombwe-Kamombo et Bijombo, l’opportunité de la déclaration du Président Paul Kagame est si confuse. L’honnêteté de sa sympathie exprimée est sujette à questions multiples. Toutefois, le monde pourra retenir que sa déclaration a confirmé que cette crise n’est ni inter-ethnique ni seulement locale. Dans ses propos, on peut lire facilement que les pays de la région connaissent bien que cette crise est largement instrumentalisée. Des indications tendent à confirmer les liens étroits entre ces groupes Burundais et les services de sécurité du Rwanda. Pour ce faire, il reste invraisemblable de croire en la bonne volonté des acteurs (pays) qui combattent sur le terrain (par procuration soit-elle) qu’ils vont résoudre cette crise. Par conséquent, la crise de Minembwe nécessiterait une intervention des pays qui ne sont pas directement impliqués dans cette crise a l’instar de Brigade d’Intervention formée en 2012-2013 au Nord-Kivu.

 

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