Le professeur Pierre Akilimali, Incident Manager à l’Institut National de Santé Publique (INSP), a rappelé les priorités de la lutte contre la maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo (RDC), particulièrement dans la province de l’Ituri. Il s’agit du renforcement de la détection précoce, des capacités d’isolement, de la prise en charge rapide des malades et de la surveillance communautaire, notamment à Bunia, Rwampara, Nizi, Lita et Nia-Nia.
Il a indiqué que ces actions sont indispensables pour réduire le nombre de décès et empêcher l’expansion de l’épidémie vers d’autres zones et provinces. Le professeur Pierre Akilimali l’a fait savoir au cours d’une conférence de presse animée ce samedi 18 juillet 2026 à Bunia, axée sur l’évolution de la situation sanitaire.
Revenant sur le bilan actuel, notre source a souligné que l’Ituri reste l’épicentre de cette épidémie :
« Depuis l’annonce de l’épidémie d’Ebola en Ituri, nous comptabilisons aujourd’hui 2 124 cas confirmés, dont 128 décès. Au total, 46 zones de santé sont touchées à travers 5 provinces, à savoir : le Haut-Uélé, l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et la Tshopo. Cinquante-deux (52) nouveaux cas ont été confirmés depuis le 14 juillet 2026, dont 41 en Ituri et 10 dans la province du Nord-Kivu, tandis que 11 guérisons ont été enregistrées. Retenons que l’Ituri demeure l’épicentre de cette épidémie avec 90 % des cas. Les zones de santé de Bunia, Rwampara, Nizi, Nyankunde et Mongbwalu concentrent à elles seules 80 % des cas depuis le début de l’épidémie », a précisé le professeur Pierre Akilimali.
Le scientifique a également indiqué que Bunia et Rwampara enregistrent une forte proportion de décès communautaires, d’où l’urgence de multiplier les efforts de surveillance à la base.
« La priorité à Bunia et Rwampara est de réduire rapidement la transmission au sein de la communauté. Cela passe par une multiplication par 4 ou 5 du nombre d’alertes, une augmentation rapide de la capacité d’isolement dans les structures sanitaires, ainsi qu’un meilleur signalement des décès communautaires, associés à des enterrements dignes et sécurisés », a-t-il souligné.
Enfin, l’Incident Manager a noté des avancées considérables dans la riposte, notamment à Mongbwalu où la situation semble se stabiliser. Le professeur Pierre Akilimali a précisé que ces progrès sont le fruit du renforcement de la surveillance communautaire.

