À l’approche de la deuxième partie de la cinquième session du Comité intergouvernemental de négociation chargé d’élaborer un instrument international juridiquement contraignant sur la pollution plastique ,y compris dans le milieu marin (CIN-5.2), prévue à Genève du 5 au 14 août 2025, la République Démocratique du Congo (RDC) se trouve à un carrefour décisif dans la lutte mondiale contre la pollution plastique. Alors que les négociations s’intensifient, la RDC, pourtant signataire de la résolution 5/14 de l’Assemblée des Nations Unies pour l’Environnement (ANUE-5) adoptée en mars 2022, demeure silencieuse sur ses engagements futurs. Cette résolution appelle à l’élaboration d’un traité mondial juridiquement contraignant pour lutter contre la pollution plastique, y compris en milieu marin.
Dans ce contexte, l’organisation congolaise Solidarité pour la Protection des Droits de l’Enfant (SOPRODE) a adressé, le 8 mai 2025, deux lettres de plaidoyer : l’une à la Vice-Première Ministre et Ministre de l’Environnement et Développement Durable, l’autre à M. Jean-Pierre Bope Lapwong, Point Focal de la RDC auprès du Comité intergouvernemental de négociation sur la pollution plastique.
Dans sa lettre à la Vice-Première Ministre, SOPRODE rappelle les demandes formulées en novembre 2024, restées sans réponse : une transition énergétique durable, le refus de projets pétroliers incompatibles avec les engagements climatiques de la RDC, et surtout, un engagement fort de la RDC pour un traité mondial ambitieux contre la pollution plastique. L’organisation souligne que ce traité doit aller au-delà d’un simple document diplomatique ; il doit protéger les rivières, les sols, la santé publique et garantir que les communautés vulnérables ne paient plus le prix d’un modèle basé sur le plastique jetable.
Parallèlement, dans sa lettre adressée à M. Bope Lapwong, SOPRODE exprime son inquiétude face à l’exclusion croissante des voix de la société civile dans le processus de négociation du traité mondial sur la pollution plastique. L’organisation dénonce notamment l’exclusion des observateurs des groupes d’experts, la non-publication des versions de texte de négociation, et la fermeture des sessions informelles. Ces restrictions compromettent les principes de transparence et de participation, pourtant reconnus par le droit international et régional, tels que le Principe 10 de la Déclaration de Rio.
SOPRODE appelle instamment à la reconnaissance officielle des organisations de la société civile congolaise comme observateurs légitimes lors de la CIN-5.2, à leur pleine participation à toutes les étapes du processus de négociation, et à leur intégration au sein de la délégation nationale officielle.L’organisation plaide pour une transparence totale dans le partage des documents de négociation et pour une participation inclusive et équitable, en particulier pour les communautés marginalisées et vulnérables, dont les contributions sont essentielles pour relever le défi mondial de la pollution plastique. SOPRODE souligne que la participation du public n’est pas une faveur, mais un droit fondamental, essentiel à la légitimité et à l’efficacité des politiques environnementales.
Alors que la RDC se prépare à prendre part à cette étape cruciale des négociations, SOPRODE espère que le pays adoptera une position ferme et engagée en faveur d’un avenir plus durable, en adéquation avec ses engagements climatiques, et soutiendra activement un traité juridiquement contraignant pour lutter contre la pollution plastique. Ce traité devrait être fondé sur le respect des droits humains, la protection de la santé publique et la préservation de l’environnement, en mettant particulièrement l’accent sur la justice environnementale et la protection des communautés vulnérables affectées tout au long du cycle de vie du plastique.
La RDC a une occasion en or de montrer son leadership environnemental. Il est essentiel que le pays affirme son engagement en faveur d’un traité mondial ambitieux et juridiquement contraignant sur la pollution plastique, respectueux de l’environnement, de la santé publique et des droits humains. Le temps d’un traité fort et contraignant est maintenant.

