Sud-Kivu : des malades hypertendus confrontés aux conséquences des crises humanitaires

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La crise humanitaire et sécuritaire qui affecte plusieurs zones du territoire de Kabare, au Sud-Kivu, impacte négativement la prise en charge des personnes souffrant d’hypertension artérielle, particulièrement à Mudusa dans la zone de santé de Nyantende.

Révélation de l’infirmière titulaire du centre de santé de Mudusa, Mme Nyakahana Mutombaka Eveline, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’hypertension artérielle célébrée le 17 mai de chaque année.

Selon elle, l’insécurité persistante et les difficultés d’accès à certaines localités empêchent plusieurs patients de se rendre régulièrement aux consultations médicales. Cette situation entraîne le non-respect des rendez-vous ainsi que l’interruption des traitements chez certains malades hypertendus.

L’infirmière alerte sur les conséquences de cette interruption des soins, évoquant notamment les risques d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) et d’autres complications graves liées à l’hypertension artérielle.

Elle rappelle que les personnes hypertendues nécessitent un suivi quotidien, incluant le contrôle régulier de la tension artérielle et la prise continue des médicaments. Toutefois, l’insécurité actuelle complique fortement cette prise en charge.

De son côté, le spécialiste Joseph Baraka Musombwa explique que les conflits armés, les catastrophes naturelles, les incendies ainsi que les inondations exposent davantage les populations au stress chronique, un facteur favorisant l’apparition ou l’aggravation de l’hypertension artérielle.

Selon lui, plusieurs habitants de la ville de Bukavu et d’autres zones du Sud-Kivu vivent depuis plusieurs mois dans un climat de peur marqué par les affrontements armés, les pertes d’emplois, les déplacements forcés et les pillages. Une situation qui fragilise considérablement leur état psychologique et physique.

Joseph Baraka Musombwa recommande ainsi une attention particulière envers les personnes hypertendues, aussi bien dans les structures sanitaires qu’au sein des familles. Il estime que la prise en charge psychologique, la réduction du stress, une alimentation pauvre en sel ainsi qu’un environnement calme sont essentiels pour prévenir les complications graves liées à cette maladie.

Le spécialiste met également en garde contre l’interruption des traitements médicaux en période d’insécurité. Il souligne que la rupture des médicaments antihypertenseurs, associée au stress permanent, peut entraîner une hausse dangereuse de la tension artérielle et provoquer des complications cardiaques, rénales ou cérébrales.

Les professionnels de santé appellent les patients hypertendus à poursuivre leur suivi médical malgré les difficultés, tout en plaidant pour l’amélioration des conditions sécuritaires afin de faciliter l’accès aux soins dans les zones affectées par la crise.

Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL-GL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencia.

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