Sud-Kivu : Des organisations de la société civile relancent le débat de la commission provinciale paix et réconciliation

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Bukavu, 15 décembre 2025 :- Victimes des conflits armés, organisations de la société civile et acteurs clés de la province se sont retrouvés, ce lundi 15 décembre à Bukavu, pour relancer une question longtemps restée en suspens : celle de la mise en place d’une Commission provinciale paix et réconciliation au Sud-Kivu.

Réunis à l’hôtel Bach Palace dans le cadre d’un forum d’échanges sur les processus de réconciliation et de paix, les participant(e)s ont partagé analyses, expériences et attentes dans un contexte toujours marqué par l’insécurité persistante, les traumatismes collectifs et une profonde fracture entre communautés et institutions.

Au centre des discussions : la nécessité de doter le Sud-Kivu d’un mécanisme provincial de vérité et de réconciliation, à l’image de l’expérience menée au Kasaï Central. Les échanges s’inscrivent dans le sillage de l’Accord-cadre de Doha du 15 novembre 2025, conclu entre le Gouvernement congolais et le mouvement M23, qui remet au premier plan la question de la justice, de la vérité et de la réparation dans les zones affectées par les conflits.

Pour Didier Kigonya, Coordonnateur du Réseau des Acteurs pour la Consolidation de la Justice (RACOJ), l’enjeu dépasse le simple débat institutionnel :

« On ne reconstruit pas une société fracturée par la violence sans affronter son passé. La paix durable se bâtit avec les victimes, par la vérité, la reconnaissance des torts et des mécanismes pensés pour les réalités locales. Une commission provinciale vérité et réconciliation au Sud-Kivu peut jouer un rôle clé dans la restauration de la confiance entre les communautés et l’État », a-t-il souligné.

Le Forum a également mis en lumière l’urgence d’intégrer une approche transformatrice du genre dans les processus de réconciliation et de paix. Les participant(e)s ont insisté sur la nécessité d’aller au-delà des réponses symboliques, afin de reconnaître pleinement les expériences spécifiques des femmes et des filles, mais aussi leur leadership dans les dynamiques de paix et de reconstruction post-conflit.

Environ 30 participant(e)s, majoritairement issu(e)s des organisations de la société civile, des groupes de victimes et d’autres parties prenantes provinciales, prennent part à ces échanges. Plusieurs d’entre eux avaient déjà contribué au Forum organisé à Bukavu en novembre 2024, garantissant une continuité dans les réflexions et les actions de plaidoyer.

À l’issue des travaux, les organisateurs espèrent dégager des positions convergentes en faveur de la création d’une Commission provinciale Vérité et Réconciliation, et renforcer une vision commune de la justice transitionnelle, ancrée dans les réalités du Sud-Kivu et résolument centrée sur les victimes.

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