Sud-Kivu : les maladies cardiovasculaires, un enjeu de santé

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A l’occasion de la Journée mondiale des maladies cardiovasculaires, célébrée ce 29 septembre 2026, des professionnels de santé appellent la population du Sud-Kivu à renforcer la prévention des maladies cardiovasculaires. Dans une province confrontée aux conséquences des conflits armés, aux déplacements de populations et aux difficultés économiques, ils insistent notamment sur le dépistage, le contrôle régulier et la consultation précoce.

Le Dr Kasole Binyangara Pierre, médecin directeur de la Clinique Étoile du Congo (CECO), dit recevoir régulièrement des patients présentant différentes pathologies cardiovasculaires. Parmi celles qu’il rencontre, il cite notamment l’hypertension artérielle, l’insuffisance cardiaque, certaines atteintes des vaisseaux sanguins et les accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Selon ce médecin, l’hypertension artérielle figure parmi les problèmes fréquemment observés dans son milieu de pratique. Il estime qu’un suivi médical régulier peut aider les personnes concernées à mieux contrôler leur état.

Il cite notamment l’échographie cardiaque et l’électrocardiogramme (ECG) parmi les examens qui peuvent être réalisés dans le cadre de l’évaluation médicale d’un patient, selon les indications du professionnel de santé.

L’alimentation et la sédentarité parmi les facteurs évoqués

Le Dr Kasole attire également l’attention sur plusieurs habitudes qu’il considère comme des facteurs de risque dans sa pratique.

Il mentionne notamment une consommation excessive de certaines matières grasses, d’huiles, de margarines et de viandes, qui peut être associée à une augmentation du taux de cholestérol et à des problèmes vasculaires.

Le médecin évoque également la consommation excessive de boissons alcoolisées et le tabagisme parmi les comportements auxquels la population devrait prêter attention.

Il recommande notamment une alimentation équilibrée, avec une consommation modérée de sel, de graisses et de viande rouge, ainsi que la pratique d’une activité physique adaptée à l’état de santé de chaque personne.

Dans ce contexte humanitaire, consulter reste un défi

Au Sud-Kivu, les difficultés économiques et les déplacements provoqués par les conflits peuvent compliquer l’accès aux soins pour certaines populations. Dans plusieurs communautés affectées, les familles doivent souvent donner la priorité aux besoins immédiats comme l’alimentation, le logement et la sécurité.

Le Dr Kasole estime que ces difficultés peuvent contribuer à retarder certaines consultations. Il appelle donc les habitants à ne pas attendre que leur état de santé se détériore avant de rechercher une prise en charge médicale.

« Les gens supportent parfois longtemps à domicile les signes cardiovasculaires sans pouvoir faire une consultation qui aurait pu permettre une prise en charge plus précoce », explique-t-il.

Il encourage ainsi les personnes qui présentent des signes préoccupants ou qui connaissent des facteurs de risque à consulter un professionnel de santé afin d’obtenir une orientation adaptée.

Dans le contexte particulier du Sud-Kivu, il appelle également les acteurs de santé et les communautés à ne pas négliger les maladies chroniques dans les réponses apportées aux populations affectées par les crises.

« Notre population doit tenir compte de tous ces facteurs et chercher à les minimiser. Nous insistons sur la prévention et sur le fait de consulter tôt », souligne le Dr Kasole Binyangara Pierre.

A travers ce message, le médecin invite particulièrement les personnes vulnérables ou présentant des antécédents familiaux à rester attentives à leur santé et à rechercher un accompagnement médical adapté.

Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali », une initiative du consortium RATECO et REMEL-GL avec le soutien de Media4dialogue de la Benevolencija.

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