Plus de 250 enfants orphelins, rescapés des inondations dévastatrices du 4 mai 2023 en territoire de Kalehe, vivent dans des conditions inhumaines au camp de Cibanda Lwako. Sans assistance humanitaire d’envergure, ces mineurs sont livrés à la faim, à la maladie et aux traumatismes psychologiques souligne Danny Magadju, coordonnateur de l’ONG ADIK dans un message parvenu à kivutimes ce vendredi 15 Mai 2026.
Une hécatombe silencieuse
La situation est critique à Cibanda Lwako, un site de sinistrés situé à 4 km du chef-lieu du territoire de Kalehe. Depuis la catastrophe qui a rayé de la carte des pans entiers des villages de Bushushu et Nyamukubi, le bilan ne cesse de s’alourdir. À ce jour, dix enfants ont déjà perdu la vie, emportés par la famine, les maladies hydriques, la malnutrition sévère et une épidémie d’oreillons qui sévit dans le camp.
Ces enfants, dont les parents ont été emportés par les eaux torrentielles et les éboulements, n’ont plus de toit ni de terres cultivables. Privés de tout soutien des organisations nationales et internationales, ils survivent dans un dénuement total.
Des traumatismes profonds et une éducation à l’arrêt
Une enquête menée par l’organisation Action pour le Développement Intégral du Kivu (ADIK) révèle que ces orphelins souffrent de troubles émotionnels graves. Le stress post-traumatique lié à la perte brutale de leurs proches menace leur développement psychologique et social à long terme. À cela s’ajoute l’absence de scolarisation, faute de moyens pour couvrir les frais de scolarité et les fournitures de base. La crise sécuritaire persistante au Sud-Kivu vient encore aggraver cette précarité déjà extrême.
Le cri de détresse des survivants
Le témoignage du jeune Ombeni Bahati, 10 ans, illustre ce calvaire quotidien :
« Je dors dans une chambrette avec mes petits frères sur une simple natte. Souvent, le matin, nous avons le ventre vide et des douleurs abdominales. Nos habits sont en lambeaux. Quand il pleut, le froid nous fait mal à la tête et la nuit, je fais des cauchemars : je rêve que les éboulements reviennent pour nous ensevelir ici. »

Un appel à la solidarité internationale
Face à ce drame, l’organisation locale ADIK tente d’agir avec des moyens limités. « À l’initiative de nos membres, nous organisons des visites pour apporter des vivres. Nous avons aussi créé des jardins potagers communautaires pour tenter de freiner la malnutrition », explique Danny Magadju, coordonnateur de l’ONG.
Toutefois, ces efforts locaux restent dérisoires face à l’ampleur des besoins. « La situation nécessite un soutien extérieur urgent des organisations humanitaires et des personnes de bonne volonté pour sauver ces vies et redonner le sourire à ces enfants », plaide-t-il, rappelant au passage le précepte biblique de Jacques 1:27 sur le soutien aux orphelins dans l’affliction.
En plus de l’assistance d’urgence (soins médicaux et alimentation), ADIK s’efforce de maintenir un lien social en organisant chaque année une fête de Noël le 25 décembre pour offrir un moment de répit et de joie à ces enfants meurtris.

