Le Comité exécutif pour la paix et la cohabitation communautaire dans les territoires d’Uvira, Fizi et Mwenga a exprimé ses vives préoccupations concernant la récente délocalisation du bureau de l’administrateur du territoire d’Uvira, déplacé de Sange vers la ville d’Uvira depuis le 15 avril dernier.
Dans une lettre datée du 26 avril 2025, signée par Monsieur Ahadi Byamasu Mathan, président du comité, et dont une copie est parvenue à notre rédaction, l’organisation déplore un manque de transparence dans cette décision administrative. Selon la correspondance, « les administrés n’ont été ni informés d’une quelconque autorisation hiérarchique ni des circonstances ayant motivé ce déplacement ».
Le comité considère cette décision comme un coup porté à la confiance entre l’administration territoriale et les communautés locales, surtout dans un contexte déjà fragile de cohabitation intercommunautaire.
« Une telle mesure, prise sans consultation ou explication claire, risque d’aggraver les tensions dans une région où la stabilité reste précaire », peut-on encore lire dans la lettre.
Interrogé à ce sujet, Monsieur Kifano Kibonge Decky, administrateur adjoint en charge des finances en territoire d’Uvira, a confirmé la délocalisation temporaire du bureau. Il a précisé que la décision a été prise « en raison de la situation sécuritaire préoccupante dans la contrée de Sange », ajoutant que « l’administration a obtenu l’autorisation de la hiérarchie compétente pour suspendre provisoirement les activités à Sange ».
Il a tenu à rassurer la population que « l’administration du territoire d’Uvira reste fonctionnelle malgré cette réorganisation », soulignant que des efforts sont en cours pour surveiller l’évolution de la situation sécuritaire et permettre un retour rapide à la normale. Face à cette situation, le comité exécutif pour la paix appelle à une meilleure communication entre les autorités territoriales et les communautés locales.
Il plaide pour une reprise rapide des services publics à Sange dès que les conditions sécuritaires le permettront, tout en exhortant les autorités à renforcer les mécanismes d’alerte et de dialogue communautaire pour éviter toute escalade des tensions. La population de Sange, souvent confrontée à l’insécurité, attend désormais des signaux clairs de la part des autorités sur la durée de cette délocalisation et les mesures prévues pour assurer leur protection

