Le choléra demeure une préoccupation sanitaire à Uvira, dans la province du Sud-Kivu, où les difficultés d’accès à l’eau potable, l’insuffisance des installations sanitaires et le retard dans le recours aux soins compliquent les efforts de prévention et de prise en charge des malades.
La diarrhée aqueuse aiguë ou diarrhée apparue récemment, avec des selles très liquides
et les vomissements provoqués par cette maladie peuvent entraîner une déshydratation sévère, parfois mortelle en quelques heures en l’absence d’une prise en charge rapide. Pourtant, certaines familles tardent à se rendre dans les structures sanitaires en raison du manque de moyens, de la méconnaissance des signes de gravité ou du recours à d’autres formes de traitement.
Jostand Ndakundi Rachid, président de l’Union des infirmiers d’Uvira, ville et territoire, également secrétaire des instructeurs sanitaires privés, explique que plusieurs facteurs peuvent retarder l’arrivée des malades dans les structures de santé.
« Il y a ceux qui tombent malades et qui ne savent pas qu’ils sont malades. À part cela, il y a ceux qui, au lieu d’aller à l’hôpital, prennent le chemin d’aller aux chambres de prière. Avec l’état qu’ils peuvent perdre, ils viennent à l’hôpital avec un retard », explique-t-il.
Le responsable souligne également que certaines familles préfèrent acheter directement des médicaments en pharmacie sans consulter un médecin ou un infirmier. Selon lui, les produits utilisés ne sont pas toujours adaptés aux symptômes présentés par les malades, ce qui peut retarder une prise en charge appropriée.
Il appelle ainsi la population à consulter rapidement dès l’apparition des signes évocateurs du choléra, notamment une diarrhée aqueuse abondante, une faiblesse importante et des vertiges.
Concernant les capacités des structures sanitaires, Jostand Ndakundi Rachid précise que tous les établissements ne sont pas habilités à assurer la prise en charge complète des cas de choléra. Les malades reçus dans les structures qui ne disposent pas des capacités nécessaires doivent être orientés vers l’Hôpital général de référence d’Uvira, où se trouve un service dédié à cette maladie.
Au-delà de la prise en charge médicale, la prévention demeure indispensable pour limiter la transmission du choléra. L’accès à l’eau potable, l’assainissement et le respect des règles d’hygiène constituent des éléments essentiels dans la lutte contre cette maladie.
Dei Dei Pacifique Ebene Goulou, animateur communautaire de la zone de santé d’Uvira, relève notamment la défécation à l’air libre dans certains quartiers touchés ainsi que le non-respect des mesures de prévention malgré les sensibilisations menées par les relais communautaires.
« Souvent, quand vous circulez dans les quartiers touchés, vous trouverez que les gens font leurs selles à l’air libre. Il y a aussi la population qui ne respecte pas les mesures barrières sur lesquelles les relais communautaires ont souvent sensibilisé », déplore-t-il.
L’animateur communautaire souligne également l’insuffisance des dispositifs de lavage des mains dans certaines aires de santé. Il sollicite l’appui des partenaires intervenant dans le secteur de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement afin de renforcer la disponibilité de ces équipements au bénéfice de la population.
Pour réduire les risques de transmission, il recommande le lavage régulier des mains à l’eau et au savon, notamment après être allé aux toilettes et avant de manger. Il insiste également sur la nécessité de bien cuire les aliments, de laver les fruits avant leur consommation et de disposer de toilettes hygiéniques.
La lutte contre les décès liés au choléra à Uvira nécessite ainsi des efforts conjoints en matière de prévention, d’assainissement et de prise en charge médicale. La consultation rapide dès l’apparition des symptômes, l’orientation des malades vers les structures adaptées et l’amélioration de l’accès à l’eau potable restent essentielles pour réduire les risques liés à cette maladie.
Article redigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

