Uvira : les filles mères confrontées à la stigmatisation et à de multiples difficultés.

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Dans la ville et le territoire d’Uvira, plusieurs filles mères vivent une situation particulièrement difficile. Victimes de grossesses non planifiées ou abandonnées par leurs partenaires, elles font souvent face au mépris, à la discrimination et au rejet, non seulement dans leurs communautés mais parfois aussi au sein de leurs propres familles.

À Kiliba, dans le territoire d’Uvira, certaines filles mères dénoncent la manière dont elles sont traitées après la naissance de leurs enfants. Plusieurs d’entre elles, qui se sont confiées à Habari za Mahali, témoignent des souffrances qu’elles endurent au quotidien.

« Je suis mal traitée dans ma famille, sans aucune considération. Même mes petites sœurs arrivent à me discriminer avec mon enfant et cela chaque jour . Je ressens une douleur profonde car je fais face à plusieurs difficultés, notamment l’accès à la nourriture et aux soins de santé lorsque mon fils tombe malade.. Certains disent même qu’ils sont fatigués de notre présence à la maison », explique une jeune mère.

Une autre fille mère partage une expérience similaire : « Depuis que je suis tombée enceinte jusqu’à aujourd’hui, ma famille m’a rejetée. À cause de ce manque de considération, je suis obligée de me débrouiller seule pour survivre, même si je suis encore en période d’allaitement. »

Face à cette réalité, certaines organisations locales se mobilisent pour défendre les droits des femmes et des jeunes filles. C’est notamment le cas de l’organisation Genre en Action pour le Développement (GAD), dirigée par Abigael Bitondo, engagée dans la promotion des droits des femmes. Selon elle, son organisation documente régulièrement les cas d’abus dont sont victimes les jeunes filles, particulièrement lorsque les grossesses concernent des mineures.

« Lorsqu’une grossesse concerne une mineure, cela peut être qualifié de violence sexuelle selon la loi. Ces situations nécessitent l’attention de toute la communauté », explique-t-elle. Pour les filles majeures, Abigael Bitondo souligne que les conséquences restent également lourdes, tant sur le plan psychologique que social. Beaucoup d’entre elles se retrouvent sans soutien ni assistance.

Elle estime que l’accompagnement de ces jeunes mères doit passer par l’information sur leurs droits et ceux de leurs enfants, mais aussi par le renforcement de leurs capacités économiques afin qu’elles puissent subvenir à leurs besoins et réduire leur vulnérabilité. Sur le plan éducatif, les autorités scolaires affirment que les filles enceintes peuvent désormais poursuivre leur scolarité. Le sous-proved de l’éducation Uvira 1, Pascal Malumbi, indique que les cas de grossesse scolaire dans la ville d’Uvira restent relativement limités.

Selon lui, ces cas ne dépasseraient pas 1 % des élèves. Il rappelle également que l’État autorise désormais les filles enceintes à continuer leurs études jusqu’à l’accouchement et à reprendre l’école après la naissance de l’enfant. « C’est une mesure prise par le ministre pour promouvoir l’inclusion des filles dans le système éducatif », précise-t-il.

Il félicite par ailleurs certaines écoles d’Uvira qui ont commencé à renforcer les séances de sensibilisation et de conseil auprès des élèves afin de prévenir les grossesses précoces en milieu scolaire. Malgré ces avancées, la stigmatisation sociale reste très présente. Dans plusieurs quartiers d’Uvira, les filles mères continuent d’être marginalisées en raison des normes sociales qui les considèrent souvent comme des « filles libres ».

Article produit dans le cadre de la campagne HABARI ZA MAHALI exécutée par le consortium UNPC-UFMP-COMEL sous le financement de Labenevolenciya.

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