Uvira : Prévention et prise en charge des victimes de violences basées sur le genre en pleine crise humanitaire

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Dans un contexte marqué par une crise humanitaire persistante à Uvira, au Sud-Kivu, les violences basées sur le genre (VBG), en particulier les violences sexuelles, connaissent une recrudescence inquiétante. Face à cette situation, des structures locales et des acteurs humanitaires s’efforcent d’apporter une prise en charge adaptée aux survivantes, malgré de nombreux défis.

Le Docteur Éric Cishibanji, responsable médical, nutritionnel et psychosocial au sein de l’Association des Femmes pour la Promotion et le Développement Endogène (AFPDE), souligne l’importance d’un accompagnement global des survivantes.

« Actuellement, nous assurons une prise en charge holistique des victimes de violences sexuelles. Cela comprend un accompagnement psychosocial à travers notre maison d’écoute, une assistance médicale en cas de complications, ainsi qu’un appui juridique », explique-t-il.
L’urgence des 72 heures

Selon le Dr Cishibanji, le respect des délais de prise en charge est essentiel pour garantir l’efficacité des soins, notamment la prévention des infections sexuellement transmissibles et les grossesses non désirées.

 « La survivante des violences sexuelles doit se diriger dans une structure sanitaire dans un délai de moins de 72 heures afin qu’elle puisse recevoir un traitement préventif et bénéficier des soins médicaux appropriés », a-t-il précisé.

Il ajoute qu’au-delà de ce délai, la victime peut toujours bénéficier d’une prise en charge, mais que celle-ci ne sera plus pleinement efficace sur le plan préventif.
« Hors ce délai, elle peut bénéficier d’une prise en charge mais cette prise en charge, moyennant le Kits Paper, ne sera plus efficace pour prévenir ou protéger la victime de la violence sexuelle. D’où la nécessité de respecter ce délai en se dirigeant dans une structure sanitaire ou une maison d’écoute le plus tôt possible », insiste-t-il.

S’agissant des défis rencontrés dans la prise en charge des victimes de VBG, le responsable de l’AFPDE évoque plusieurs difficultés majeures.
« Les défis sont énormes. Ces derniers temps, il y a une augmentation de cas de violences sexuelles basées sur le genre, avec plus de survivants reçus, mais avec des moyens limités, suite à une rupture de Kits Paper que nous connaissions, bien que nous ayons actuellement ces Kits », a-t-il indiqué.

Il poursuit en soulignant que certaines victimes n’arrivent pas à se présenter dans les structures médicales, ce qui rend leur prise en charge encore plus complexe.
« Il y a de ces victimes qui n’arrivent pas à se montrer dans des structures médicales, et les atteindre devient une tâche difficile », fait-il savoir.

À cela s’ajoutent des cas référés par des hôpitaux partenaires nécessitant des soins spécialisés que l’AFPDE ne dispose pas.
« Il y a de ces victimes qui nous arrivent diagnostiquées non pas par l’AFPDE, mais par les hôpitaux partenaires, dont la prise en charge demande une spécialité que l’AFPDE ne dispose pas », explique-t-il.

Insécurité persistante, qui empêche le suivi régulier des cas à domicile.

« Certaines survivantes ne parviennent pas à se présenter dans les structures médicales, et il devient difficile de les atteindre pour leur offrir un accompagnement adapté », regrette le Dr Cishibanji.

Appel à l’action et aux responsabilités

Face à cette situation, le médecin appelle à une application rigoureuse des normes existantes de protection des victimes et à un renforcement des campagnes de sensibilisation, notamment dans les églises et au sein des communautés locales.

De son côté, Ir Gady, point focal du Sous-cluster VBG à Uvira, insiste sur la responsabilité des acteurs humanitaires dans la réponse à cette crise.

« Les humanitaires doivent rester proches des populations, respecter les principes humanitaires, notamment la neutralité et l’humanisme, et ne jamais abandonner les survivantes », déclare-t-il.

Il rappelle également le rôle crucial des professionnels de santé :

« Les médecins doivent assurer un accompagnement médical adapté, incluant les premiers soins d’urgence et les traitements nécessaires, notamment à travers les kits PEP et le soutien psychosocial. »

Un appel à la solidarité et à la résilience communautaire

Dans un contexte humanitaire de plus en plus fragile à Uvira, les acteurs locaux appellent à un renforcement de la prévention, de la protection et de la prise en charge des survivantes de violences basées sur le genre, afin de limiter les conséquences physiques, psychologiques et sociales de ces violences au sein de la communauté.

Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté par le Consortium UNPC, COMEL et UFMP.

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