Face à l’insécurité grandissante, la société civile ainsi que plusieurs mouvements citoyens de Baraka envisagent l’organisation d’actions citoyennes pacifiques et légales afin d’exiger le remplacement des militaires accusés d’avoir failli à leur mission régalienne de protection des personnes et de leurs biens.
Dans une déclaration faite ce vendredi, Albert Etunda Maisha, président de la société civile forces vives, bureau urbain de Baraka, a appelé les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes avant que la population ne décide d’assurer elle-même sa propre sécurité.
Selon lui, la population de Baraka traverse actuellement une période difficile marquée par une montée de l’insécurité devenue presque quotidienne. Il regrette que des éléments censés protéger la population soient aujourd’hui pointés du doigt dans plusieurs actes de violence.
« C’est vraiment regrettable la situation que nous vivons aujourd’hui dans la ville de Baraka. Nous avons déjà connu une telle période lorsque la ville était encore sous l’occupation des Wazalendo, mais grâce à notre implication collective, des solutions avaient été trouvées. Malheureusement, aujourd’hui, ce sont certains éléments des FARDC qui mettent la population mal à l’aise. Il y a des cas de tueries, de vols et de ravissement de téléphones pendant la nuit », a-t-il déclaré.
Albert Etunda Maisha s’interroge également sur l’expression souvent utilisée par certaines autorités qualifiant les auteurs de ces actes « d’éléments incontrôlés », alors qu’il s’agit de militaires appartenant à l’armée régulière. Pour lui, cette situation ne peut plus être tolérée par les habitants de Baraka qui aspirent à vivre dans un climat de paix et de sécurité.
« Baraka est considérée comme une base arrière puisque les lignes de front se trouvent actuellement au point zéro ainsi que dans la plaine de la Ruzizi. La population de Baraka devrait donc vivre en paix. Nous ne pouvons pas continuer à vivre dans cette psychose permanente. Ensemble avec les mouvements citoyens, nous réfléchissons déjà aux démarches à entreprendre afin que la population puisse se prendre en charge », a-t-il ajouté.
Cette montée de l’insécurité suscite une vive inquiétude au sein de la population locale, qui appelle les autorités militaires et politico-administratives à agir rapidement afin d’éviter toute escalade de tension dans cette partie du Sud-Kivu.

