Uvira, Sud-Kivu — Face aux déplacements forcés provoqués par les conflits, la solidarité des communautés d’accueil constitue un soutien essentiel pour de nombreuses personnes déplacées à Uvira et dans ses environs. Depuis leur arrivée, certaines familles déplacées bénéficient de différentes formes d’assistance, allant de l’accueil et de l’hébergement au partage de nourriture, à l’accès à certains services et à l’accompagnement social.
À Kiliba, dans la plaine de la Ruzizi, plusieurs personnes déplacées témoignent de l’élan de solidarité manifesté par les communautés qui les accueillent. Pour elles, cette entraide permet de répondre à une partie des besoins quotidiens dans un contexte marqué par la vulnérabilité et l’incertitude. Toutefois, malgré ces efforts, de nombreux besoins restent difficiles à satisfaire. Monsieur Bisimwa Bernardin, déplacé de guerre hébergé à Kiliba, appelle les acteurs humanitaires ainsi que le Gouvernement à renforcer leur soutien en faveur des personnes déplacées. Selon lui, les besoins demeurent multiples et dépassent les capacités d’assistance disponibles au niveau des communautés d’accueil.
Au niveau communautaire, plusieurs initiatives sont développées pour venir en aide aux personnes déplacées. Elles prennent notamment la forme de collectes de vivres, d’accueil temporaire, d’entraide entre familles et d’actions locales destinées à faciliter l’intégration des déplacés au sein des communautés d’accueil. Monsieur Mapenzi Manyebwa, leader communautaire à Kiliba, souligne l’engagement de différents groupes sociaux dans ces actions. Il cite notamment les initiatives portées par les femmes, les jeunes et les associations locales, qui apportent des vivres et des biens non alimentaires aux personnes déplacées. Ces initiatives illustrent le rôle important joué par les communautés dans la réponse aux conséquences des déplacements. Elles permettent non seulement d’apporter une aide matérielle, mais également de renforcer les liens sociaux et le sentiment d’appartenance des personnes déplacées dans leurs milieux d’accueil.
Malgré leur importance, les initiatives communautaires restent confrontées à plusieurs difficultés. Les associations locales disposent souvent de moyens limités pour assurer la continuité de leurs actions. Le manque de partenaires financiers constitue, selon Monsieur Mapenzi Manyebwa, l’un des principaux obstacles auxquels elles sont confrontées. Cette situation limite leur capacité à répondre durablement à l’ampleur des besoins. Dans un contexte où les ressources des communautés d’accueil sont elles-mêmes limitées, la solidarité locale ne peut à elle seule constituer une réponse suffisante à la situation des personnes déplacées.
Le renforcement de la coordination entre les communautés d’accueil, les personnes déplacées, les autorités et les acteurs humanitaires apparaît dès lors comme une nécessité. Une telle coordination pourrait contribuer à mieux identifier les besoins, orienter les interventions vers les personnes les plus vulnérables et éviter les chevauchements ou les insuffisances dans l’assistance.
Monsieur Prospère Lufungula Mutuza, chef d’antenne des Actions humanitaires à Uvira et chef de Division provinciale des Actions humanitaires à l’intérim, insiste sur la nécessité du respect des textes qui régissent les actions humanitaires. Selon lui, le respect des rôles et des responsabilités de chaque acteur est indispensable pour assurer une intervention efficace.
Il appelle également les autorités à garantir une bonne gouvernance dans la gestion et la coordination des actions humanitaires, afin que chaque intervenant puisse agir dans les limites de ses compétences et contribuer de manière complémentaire à la réponse aux besoins des populations affectées. À Uvira et à Kiliba, la solidarité des communautés d’accueil demeure ainsi un mécanisme essentiel de soutien aux personnes déplacées. L’engagement des familles, des femmes, des jeunes et des associations locales témoigne d’une volonté collective de faire face aux conséquences de la crise.
Cependant, pour que cette solidarité puisse produire des effets durables, elle doit être accompagnée par un soutien accru des autorités et des partenaires humanitaires. Le financement des initiatives locales, le renforcement de leurs capacités et une meilleure coordination des interventions pourraient permettre de consolider les mécanismes communautaires existants et de réduire les tensions susceptibles de naître de la pression exercée sur les ressources disponibles.
Cet article est rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

