Dans un mémorandum adressé au Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, les membres de la communauté Bajhoba contestent les récents arrêtés nommant les animateurs de la mairie et des communes de Baraka. Ils dénoncent une « provocation » et exigent une gestion inclusive.
Le mardi 10 mars 2026, la mairie de Baraka a réceptionné un mémorandum porté par la communauté Bajhoba (synergie regroupant les tribus Masanze, Babwari, Babuyu et Baghoma). Ces derniers affirment avoir appris avec « stupéfaction » la nomination, via les réseaux sociaux, d’un maire adjoint ainsi que de bourgmestres et adjoints à titre intérimaire pour les communes de Baraka-Centre, Kalundja et Katanga.
Pour cette communauté riveraine, si ces documents s’avèrent authentiques, il s’agirait d’une « énième provocation et d’un sabotage à l’endroit des Bajhoba du territoire de Fizi ».
Dans leur plaidoyer, les signataires rappellent au Président de la République que le territoire de Fizi est une mosaïque de tribus. Ils insistent sur le fait que la partie littorale du lac Tanganyika (Secteurs de Tanganyika, Mutambala et Ngandja) ainsi que la zone de la rivière Lwama (Secteur de Lulenge) constituent des terres historiques appartenant aux Bajhoba, un fait connu de toutes les communautés locales.
Les Bajhoba déplorent que les responsabilités publiques semblent systématiquement attribuées à une seule tribu, au détriment de celles qui, comme la leur, privilégient les voies légales et pacifiques plutôt que la violence.
Le mémorandum dresse un inventaire des frustrations accumulées :
Secteurs : Les quatre chefs de secteurs de Fizi seraient tous issus de la même tribu (Babembe).
Administration du territoire : Si l’administrateur titulaire est non-originaire, ses deux assistants appartiendraient à la même ethnie majoritaire.
Services publics : Le document pointe une domination similaire dans les secteurs de la santé et de l’éducation.
« Cette stratégie de provocation, de sabotage et d’humiliation a atteint le seuil de l’insupportable. On en a marre », préviennent les membres de la communauté, soulignant que leurs fils tombent pourtant au front aux côtés des FARDC pour défendre l’intégrité du pays.
Face à ce qu’ils qualifient de « discrimination », les Bajhoba exigent :
L’annulation pure et simple des arrêtés de nomination du maire adjoint et des bourgmestres intérimaires.
L’intégration effective des Bajhoba dans la gestion de la ville de Baraka, qu’ils considèrent comme leur patrimoine historique.
Des mesures de correction dans tous les services publics pour garantir l’inclusion et la cohésion sociale.
Le respect de la diversité tribale pour préserver la paix et l’harmonie entre les peuples de la région.
Pour rappel, les arrêtés du ministère de l’Intérieur circulant actuellement concernent principalement le maire adjoint de Baraka et les animateurs de la commune de Kalundja. Des nominations similaires ont également été signalées à Uvira, Kamituga et dans le secteur d’Itombwe (Mwenga), sous l’impulsion du ministre Jacquemain Shabani.

