Trente jeunes leaders du quartier Mosala, dans la commune de Kadutu, participent à une formation intensive sur la cohésion sociale et la sensibilité aux conflits. Cette initiative du réseau RACOJ vise à transformer ces jeunes en véritables acteurs de médiation au sein de leur communauté.
À Bukavu, le quartier Mosala franchit une étape cruciale vers la stabilité. Depuis quelques jours, trente jeunes leaders locaux sont réunis pour approfondir les thématiques du genre, de l’inclusion et de la sensibilité aux conflits. Porté par le réseau RACOJ RD-Congo – La Jeunesse Participe, via son programme Conflict Sensitivity Hub d’International Alert, ce projet ambitionne de placer la jeunesse au cœur de la prévention des crises.
Durant cette formation, les participants ne se contentent pas de théorie. Ils apprennent à décrypter les dynamiques locales de conflit, à maîtriser les mécanismes de médiation et à élaborer des stratégies de dialogue inclusif.
L’objectif final est concret : la création d’un Forum de paix et de cohésion sociale à Mosala. Ce cadre d’échange, animé conjointement par des jeunes et des femmes, servira de sentinelle et d’espace de résolution pour le quartier.
Cette démarche intervient dans un contexte local fragile. Selon les organisateurs, le choix de Mosala ne doit rien au hasard : le quartier est régulièrement confronté à des cas de justice populaire et à une montée inquiétante des discours de haine.
« L’objectif est de canaliser le potentiel de ces jeunes vers des actions concrètes de paix », explique Didier Kigonya, membre du RACOJ.
Pour les participants, c’est une prise de conscience. Rachel Malembaka, l’une des bénéficiaires, témoigne de l’impact de ces échanges : « J’ai découvert les différentes formes de conflits et, surtout, l’importance de l’écoute mutuelle et de la tolérance pour résoudre nos différends de manière pacifique. »
En misant sur l’engagement citoyen et la responsabilisation des jeunes, le RACOJ et ses partenaires espèrent faire de Mosala un laboratoire de paix. Si l’expérience réussit, ce quartier de Kadutu pourrait devenir un modèle de prévention des conflits pour le reste de la ville de Bukavu.

