Bujumbura, 13 août 2025: Ce mercredi, 13 Aout 2025, 21 ans, pour jour après le massacre de 166 réfugiés congolais de la communauté Banyamulenge. Les cérémonies de commémoration du 21e anniversaire du massacre de Gatumba se sont déroulées dans une atmosphère lourde de recueillement et d’émotion. Le 13 août 2004, 166 réfugiés congolais, pour la plupart Banyamulenge, ont été brutalement tués dans un camp de réfugiés à Gatumba, près de la frontière entre le Burundi et la République démocratique du Congo.
Les cérémonies ont débuté sur le site mémorial où reposent les corps des victimes. Familles, survivants, représentants des associations de défense des droits humains, ainsi que des responsables religieux et communautaires, se sont rassemblés pour rendre hommage aux disparus. Des gerbes de fleurs ont été déposées au pied du monument érigé en mémoire des victimes, dans un silence empreint de douleur et de dignité.
Après cette étape solennelle, les commémorations se sont poursuivies à Bujumbura. Un moment fort de la journée a été la série de témoignages poignants livrés par les survivants du massacre. Leurs récits ont ravivé le souvenir des atrocités vécues cette nuit-là, et ont souligné l’urgence de faire triompher la justice.
Les représentants des survivants ont lancé un appel clair et ferme : ils réclament que justice soit rendue, sans délai. Selon eux, le gouvernement burundais, le gouvernement congolais ainsi que la communauté internationale portent la responsabilité morale et juridique de faire la lumière sur ce crime de masse et de traduire les auteurs en justice.
« Cela fait 21 ans que nous attendons. Nous avons enterré nos morts, mais nous n’avons jamais enterré notre soif de vérité et de justice », a déclaré l’un des survivants. À ce jour, aucun des responsables présumés de ce massacre n’a été arrété ou jugé. Ce sentiment d’impunité persistant constitue une blessure ouverte pour les familles et les rescapés. Les survivants ont aussi appelé à une reconnaissance officielle du massacre en tant que crime contre l’humanité, et ont exhorté les instances internationales à soutenir des enquêtes indépendantes.
Cette journée de commémoration rappelle non seulement l’horreur du passé, mais aussi l’importance de la mémoire collective et de la lutte contre l’oubli. Les familles, les survivants et les défenseurs des droits humains espèrent que cette 21e année marquera un tournant décisif vers la vérité, la justice et la réconciliation.

