Les conditions de vie des déplacés et sinistrés installés dans les sites d’accueil d’Uvira continuent de préoccuper les représentants des sinistrés, les acteurs de la société civile, les responsables associatifs et les humanitaires. Ils dénoncent des conditions de vie précaires, marquées par le manque de logements décents, les difficultés sanitaires, économiques et psychologiques, et appellent à une réponse coordonnée des autorités congolaises et des partenaires humanitaires.
Selon Anatole Katonga, président du site des sinistrés de la 8ᵉ CEPAC Kasenga, les familles victimes des inondations de la rivière Mulongwe et de la montée des eaux du lac Tanganyika vivent toujours sous des bâches, en violation de leur droit à un logement décent. Il souligne que les pluies détruisent régulièrement ces abris de fortune, contraignant les familles à dormir à la belle étoile et aggravant leur précarité.
Pour Emmanuel Abedi, coordonnateur urbain du mouvement citoyen Machozi ya Raiya, l’absence de logements durables constitue l’une des principales insuffisances de la réponse humanitaire. Il plaide pour la construction de maisons d’urgence ainsi que pour un accompagnement psychologique afin de réduire les conséquences psychosociales de cette crise.
De son côté, Lydie Kyalire, coordonnatrice de l’Association Action pour la Promotion et le Développement de la Femme, estime que les mauvaises conditions d’hébergement, combinées aux pertes matérielles, à l’insécurité et aux difficultés économiques, affectent gravement la santé physique et mentale des personnes déplacées. Elle invite les organisations humanitaires à renforcer leur plaidoyer en faveur d’abris décents.
Pour Mapenzi Manyebwa, acteur humanitaire, la réponse doit s’inscrire dans une approche durable. Il recommande la construction de logements sociaux ou de maisons d’urgence en collaboration avec l’État congolais et les autorités locales. Il souligne également l’importance d’améliorer les conditions sanitaires, de renforcer l’assistance financière, la sécurité alimentaire et de développer des champs communautaires afin de répondre aux besoins prioritaires des populations affectées.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté par le Consortium, UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

