BUNIA, 29 août 2026 : Après les radios communautaires, la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC) poursuit son appui au secteur médiatique en Ituri en renforçant les capacités des journalistes et professionnels des médias en ligne pour contribuer à la riposte contre la maladie à virus Ebola et lutter contre l’infodémie.
Réunis les 27 et 28 août à Bunia, les participants ont pris part à un atelier organisé par le Collectif des radios communautaires et de proximité de l’Ituri (CORACOPI) avec le soutien financier de la DDC Suisse. La formation a porté notamment sur le rôle des médias en situation d’urgence, la couverture de la riposte, la prévention contre Ebola ainsi que la vérification et la gestion des rumeurs et de la désinformation.

L’objectif était de renforcer la capacité des médias à produire une information fiable, vérifiée, claire et adaptée aux communautés, dans un contexte où les réseaux sociaux accélèrent la circulation des informations non vérifiées.
« Informer sans affoler »
Intervenant sur le rôle des médias en ligne en situation d’urgence, Mme Immaculée Yav a appelé les journalistes à faire de la vérification une priorité.
« En situation d’urgence comme Ebola, le média joue un rôle crucial : informer sans affoler. Le journaliste en ligne n’est pas un amplificateur de panique. Notre travail, c’est vérifier rigoureusement l’information avant diffusion. »
La gestion de l’infodémie a constitué un autre axe majeur de la formation. Dr Blaise Asumani, expert national CREC et responsable de la gestion de l’infodémie au sein de l’INSP/COUSP, a expliqué les risques liés à la propagation rapide des informations non vérifiées.

« L’infodémie, c’est la deuxième épidémie. […] Ne permettons plus aux rumeurs de combler ce vide. Donner la bonne information peut sauver des vies. »
Il a également invité les journalistes à faire remonter rapidement les plaintes, préoccupations et autres informations provenant des communautés vers les équipes de coordination de la riposte.
Des médias en première ligne
Pour Freddy Lorima, coordonnateur du CORACOPI, des professionnels des médias mieux formés peuvent jouer un rôle déterminant dans l’information des populations.
«Des journalistes bien formés et accompagnés sont des acteurs clés de première ligne pour mieux informer la population et l’aider à se protéger contre l’épidémie et l’infodémie. »

À l’issue de l’atelier, le CORACOPI a mis en place un réseau de partage d’informations entre les médias en ligne participants. Chaque média a également signé un acte d’engagement en faveur de la couverture de la riposte et de la production de contenus de sensibilisation contre Ebola, les rumeurs et la désinformation.
Au nom des participants, Mme Sylvie Benita, déléguée de l’UNPC Ituri, a plaidé pour l’extension de ces formations aux journalistes des territoires de Mambasa, Irumu, Djugu, Mahagi et Aru, qui n’ont pas tous pu participer à l’atelier de Bunia.
28 zones de santé touchées en Ituri
L’initiative intervient alors que l’Ituri demeure fortement affectée par l’épidémie.
Selon les données de l’Institut national de santé publique (INSP) arrêtées au 25 août 2026 et publiées le 26 août, 28 des 36 zones de santé de l’Ituri étaient touchées. À l’échelle nationale, 58 zones de santé dans six provinces étaient concernées.
Le bilan faisait état de 5 713 cas, 1 269 guéris et 2 744 décès, pour une létalité de 48 %.

Un projet soutenu par la DDC Suisse
L’atelier s’inscrit dans le projet intitulé « Renforcement des capacités des prestataires des médias et des organisations de la société civile et promotion de l’adoption de comportements responsables de prévention contre la maladie à virus Ebola au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri ».
Mis en œuvre en Ituri par le CORACOPI grâce au soutien financier de la DDC Suisse, ce projet couvre la période de juillet à septembre 2026. Il vise à renforcer les capacités des acteurs des médias et de la société civile et à promouvoir des comportements responsables de prévention face à Ebola.
Son message résume l’ambition de cette mobilisation :
« Ensemble, en adoptant les gestes barrières et en informant mieux les populations touchées, nous pouvons briser la chaîne de transmission d’Ebola. »

À Bunia, la formation marque ainsi une nouvelle étape dans l’accompagnement des médias par la DDC Suisse et le CORACOPI, avec l’ambition de faire de l’information vérifiée et responsable un outil au service de la prévention et de la riposte contre Ebola.
Pamoja Mapendano Serge (PMS)

