Uvira : le retour à l’école des enfants déplacés reste un défi majeur

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Dans le territoire d’Uvira, le retour et le maintien à l’école des enfants affectés par les déplacements de populations demeurent une préoccupation majeure. Entre précarité économique des ménages, capacités d’accueil limitées des établissements scolaires et besoins croissants en accompagnement, plusieurs obstacles continuent de compromettre l’accès des enfants à une éducation de qualité.

À Sange, dans la plaine de la Ruzizi, des parents déplacés témoignent des difficultés rencontrées par leurs enfants pour poursuivre leur scolarité. Pour de nombreuses familles, les dépenses liées à l’éducation constituent une charge difficile à supporter dans un contexte déjà marqué par la vulnérabilité économique et les conséquences des déplacements.

Kituza Fidélité, parent déplacé rencontré à Sange, explique que les frais scolaires représentent un obstacle important pour les familles désireuses de maintenir leurs enfants à l’école. Elle appelle les autorités, les établissements scolaires et les organisations humanitaires à renforcer leur soutien en faveur des ménages les plus vulnérables.

Au-delà des difficultés économiques des familles, l’arrivée de nouveaux élèves exerce également une pression supplémentaire sur les établissements scolaires. À l’École primaire SUKI de Kiliba, l’enseignant M. Etienne Buhendwa souligne que l’accueil des enfants déplacés constitue un défi pour des écoles disposant déjà de ressources limitées.

« Plusieurs actions sont nécessaires pour garantir aux enfants déplacés le droit à l’éducation. L’appui aux familles vulnérables, l’accompagnement des établissements scolaires et la mise en place de mécanismes favorisant la réintégration scolaire peuvent contribuer à réduire les abandons et les interruptions de scolarité », explique-t-il.

Cette situation souligne la nécessité d’une réponse concertée et durable. L’accès aux fournitures scolaires, le soutien aux familles vulnérables, le renforcement des capacités d’accueil des écoles ainsi que l’accompagnement psychosocial et pédagogique figurent parmi les besoins prioritaires identifiés.

De son côté, M. Washikala Malumbi, sous-PROVED, présente les différentes actions mises en œuvre pour faciliter la réintégration scolaire des enfants affectés par les déplacements. Selon lui, malgré les efforts entrepris, plusieurs obstacles continuent de limiter leur accès à une éducation de qualité. Il insiste notamment sur la nécessité de renforcer les mécanismes permettant aux enfants déplacés de réintégrer les établissements scolaires et d’y poursuivre leur parcours dans de bonnes conditions.

Le retour à l’école ne se limite donc pas à l’inscription. Il suppose également de créer les conditions favorables au maintien des enfants dans le système éducatif. Pour les familles déplacées, cela implique un soutien adapté à leur situation socio-économique. Pour les écoles, cela nécessite des ressources suffisantes afin d’accueillir les nouveaux élèves sans compromettre la qualité des apprentissages.

Face à ces défis, autorités, acteurs éducatifs, communautés et organisations humanitaires ont chacun un rôle à jouer. Une meilleure coordination des interventions est essentielle pour répondre aux besoins des enfants affectés par les déplacements, prévenir les abandons scolaires et favoriser leur réintégration durable.

Dans un contexte où les déplacements continuent de fragiliser les moyens de subsistance des familles, garantir l’accès et le maintien à l’école constitue un enjeu majeur de protection de l’enfant et d’investissement dans son avenir.

Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par la Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

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