Ebola : les réseaux sociaux face au défi des rumeurs à Uvira

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Les réseaux sociaux peuvent jouer un rôle important dans la prévention de la maladie à virus Ebola à Uvira. Mais leur efficacité dépend de la qualité des messages diffusés et de leur accessibilité aux personnes les plus vulnérables. Des acteurs communautaires et du numérique plaident ainsi pour une collaboration entre experts de santé, journalistes, relais communautaires, jeunes et associations afin de produire des contenus simples et accessibles, capables de contrer les rumeurs et les fausses informations.

L’accès à une information sanitaire fiable reste toutefois un défi pour les personnes qui utilisent peu ou pas les outils numériques. Les personnes âgées, les personnes vivant avec un handicap et les personnes déplacées peuvent notamment rencontrer davantage de difficultés à accéder aux informations diffusées sur les réseaux sociaux.

À Uvira, plusieurs habitants continuent de s’informer principalement grâce aux radios communautaires, aux affiches, aux panneaux publicitaires, aux relais communautaires ainsi qu’aux campagnes menées par les autorités.

« Nous recevons les informations sur la maladie à virus Ebola via les radios communautaires, les affiches et panneaux publicitaires, auprès des relais communautaires, voire même auprès des autorités dans certaines campagnes de sensibilisation », explique Mapenzi Manyebwa, habitant d’Uvira.

Selon lui, les informations sanitaires restent toutefois moins présentes sur les réseaux sociaux. Il estime que les experts en épidémiologie et en médecine devraient davantage utiliser ces plateformes pour transmettre des informations fiables à la population.

« Il y a une faible apparition des experts dans le domaine épidémiologique, surtout dans le domaine de la médecine. Ces derniers ne sont pas trop actifs pour faire passer ces informations par ce canal de communication et contribuer à la mobilisation de masse », ajoute-t-il.

Pour Shukuru Wilondja Jean, analyste en matière numérique, les réseaux sociaux peuvent compléter les moyens traditionnels de sensibilisation. Il propose de renforcer la collaboration avec les jeunes et les femmes afin de produire et de diffuser des messages adaptés aux besoins de la communauté.

L’objectif est de faire des réseaux sociaux un véritable outil d’information sanitaire, au-delà de leur utilisation comme espaces de divertissement.

« On pourrait aussi travailler avec les journalistes et les relais communautaires, tous associés pour faire des messages de vulgarisation et de sensibilisation sur ces réseaux », explique-t-il.

Il estime également que les associations féminines, les organisations de jeunes et d’autres structures communautaires devraient participer à la conception des contenus numériques ainsi qu’aux actions de mobilisation.

Pour lui, les professionnels de santé doivent aussi être davantage présents dans ces contenus afin de fournir des informations précises et de rappeler les messages clés. Cette collaboration devrait également associer des spécialistes de la communication, capables d’adapter les messages aux différents publics.

La lutte contre les fausses informations passe également par la nature des contenus diffusés sur les réseaux sociaux. Cleophas Bumba, responsable de La Cloche et Habari Chek, préconise des messages simples, pratiques et axés sur l’éducation sanitaire.

« Il faut passer des messages éducatifs qui sensibilisent la communauté, rappellent les mesures d’hygiène et les règles à respecter contre la maladie à virus Ebola », dit-il.

Selon lui, ces messages doivent être diffusés régulièrement sur les réseaux sociaux afin d’aider la population à reconnaître les bons comportements à adopter face à la maladie.

La vérification des informations doit également précéder tout partage de contenu concernant Ebola.

« Il faut vérifier l’information. Si elle est fausse, il faut contacter toutes les sources et les structures habilitées et éviter de partager une information avant toute vérification », insiste Cleophas Bumba.

Pour les acteurs interrogés, l’enjeu est donc de rapprocher les outils numériques des mécanismes traditionnels de sensibilisation, tout en veillant à ce que les messages atteignent également les personnes qui restent en dehors des réseaux sociaux.

Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par la Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

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