Est de la RDC : le CICR déplore la dégradation générale du système de santé observée dans la région des Kivu

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Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est fortement préoccupé par la dégradation générale du système de santé observée dans la région des Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Une détérioration causée par les conflits armés et l’insécurité, les difficultés économiques ainsi que la baisse drastique des financements des organisations humanitaires.

Dans une communication faite à Kinshasa le Mardi 18 Juin 2025, le  CICR souligne que si des mesures urgentes ne sont pas prises, la vie de milliers de personnes pourrait être menacée.

Notre source indique que les équipes du CICR viennent de conclure une étude qui a porté, entre avril et mai 2025, sur 109 centres de santé du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans les zones où le CICR est opérationnel.

Que ce soit pour la santé de la mère et de l’enfant, celle des malades et blessés ou encore des victimes de violences sexuelles et même pour les risques épidémiologiques en général, les données statistiques recueillies alarment sur un risque d’effondrement d’une partie du système sanitaire pour les zones les plus exposées avec des conséquences dramatiques pour des millions de personnes.

« Aujourd’hui, avec un accès à des soins et à des médicaments fortement restreints, les risques pour une personne vivant au Nord ou Sud-Kivu de succomber des suites d’une blessure par arme ou suite à une simple diarrhée n’ont jamais été aussi élevés », affirme François Moreillon, chef de délégation du CICR en RDC.

Un accès à des structures de santé fortement restreint

Si l’insécurité due à la violence et aux combats limitent le déplacement des malades ou le transfert des blessés, cela occasionne également la fuite du personnel soignant, des difficultés à acheminer les intrants médicaux et souvent le pillage ou la destruction de structures de santé. Ce contexte, ajouté à la précarité économique des populations, contribue à limiter fortement l’accès aux soins des populations.

Au 1er trimestre 2025, la majorité des établissements médicaux ont noté une diminution de moitié du nombre de consultations chez les enfants de moins de cinq ans, comparé à la même période en 2024. Le nombre d’enfants vaccinés aussi est en baisse : il est passé de plus de 67 000 enfants au 1er trimestre 2023, à tout juste 29 000 en 2025.

Par ailleurs, « on observe une augmentation de plus de 4 fois du nombre de mort-nés dans les structures sur lesquelles a porté l’évaluation, au Nord-Kivu particulièrement », rapporte Etienne Penlap, coordinateur santé pour le CICR en RDC. « Ceci démontre combien les mères n’arrivent pas à accéder aux centres de santé que ce soit pour les consultations ante ou post natales. Cette situation fait craindre le pire aussi en matière de couverture vaccinale pour les nouveaux nés ainsi que les mères et les enfants dans une région où il y a beaucoup de maladies endémiques et épidémiques. »

Le droit international humanitaire (DIH) établit des règles qui obligent toutes les parties belligérantes à protéger l’accès aux soins de santé en temps de conflit armé et la situation dans la région des Kivu exige que des mesures concrètes soient prises rapidement pour veiller à leur application.

A lire sur le site du CICR :https://www.icrc.org/fr/communique-de-presse/rd-congo-dans-les-kivu-un-systeme-de-sante-bout-de-souffle

 

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