Uvira : les acteurs communautaires plaident pour le renforcement de la résilience face aux crises humanitaires

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 Face aux crises humanitaires récurrentes qui affectent la ville et le territoire d’Uvira, des acteurs communautaires appellent à un engagement renforcé des autorités publiques et des partenaires humanitaires afin de soutenir durablement la résilience des populations. Ils estiment que l’autonomisation économique des ménages, la promotion de l’agriculture et de l’élevage, ainsi que l’implication active des jeunes et des femmes constituent des leviers essentiels pour favoriser une reprise durable.

Le président du Barza Intercommunautaire des Jeunes d’Uvira, Claude Watuna, souligne que les communautés n’ont pas attendu une assistance extérieure pour s’organiser face aux conséquences des différentes crises. Selon lui, les Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit (AVEC) ont permis à de nombreux ménages de développer des mécanismes de solidarité et de financer des activités génératrices de revenus.

« Pendant la crise, il n’y avait ni appui financier, ni accompagnement de l’État. Les communautés se sont organisées en AVEC et ont développé des activités génératrices de revenus pour assurer elles-mêmes leur survie. Avec l’arrivée des organisations humanitaires, certains groupes ont été accompagnés, mais cet appui reste insuffisant », explique-t-il.

Pour Mapenzi Manyebwa, coordonnateur de Ubuntu Grands Lacs, le renforcement des moyens d’existence passe avant tout par le développement des secteurs agricole et de l’élevage. Ces activités, affirme-t-il, représentent des solutions durables pour lutter contre l’insécurité alimentaire tout en créant des opportunités économiques au profit des ménages vulnérables.

« L’agriculture et l’élevage permettent de lutter contre l’insécurité alimentaire, de créer des emplois et de réduire la malnutrition. Il est également nécessaire d’accompagner les personnes vulnérables afin qu’elles développent des activités génératrices de revenus », indique-t-il.

De son côté, le coordonnateur du Centre de Recherche en Innovation pour la Paix et le Développement (CRIPAD), Willy Seremba, insiste sur la nécessité d’investir dans le renforcement des capacités des jeunes et des femmes, qu’il considère comme des acteurs incontournables de la paix, de la cohésion sociale et du développement local.

« Les jeunes et les femmes doivent être au cœur des initiatives de paix et de sécurité. Cependant, ils sont confrontés à des difficultés économiques et techniques liées au manque de formation. C’est pourquoi nous demandons un renforcement des capacités afin qu’ils deviennent des acteurs du développement », plaide-t-il.

Les intervenants convergent sur un même constat : au-delà de l’assistance d’urgence, les interventions humanitaires gagneraient à intégrer davantage des approches axées sur le relèvement économique, l’autonomisation des communautés et le développement des capacités locales. Une telle orientation contribuerait à réduire la dépendance à l’aide et à renforcer la capacité des populations à faire face aux crises futures.

Article rédigé dans le cadre du projet Habari za Mahali, financé par La Benevolencija et mis en œuvre à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

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