Bukavu :-Les travaux de l’atelier de formation sur le renforcement des capacités des Équipes Cadres des Zones de Santé (ECZS) pour la riposte contre la Maladie à Virus Ebola (MVE) se sont clôturés ce vendredi 4 septembre 2026 à l’Hôtel Mont Kahuzi de Bukavu.
Organisée par la Division Provinciale de la Santé (DPS) du Sud-Kivu, avec l’appui de l’Observatoire des Droits Humains (ODH) et le financement de l’UNICEF, cette session de trois jours a réuni quarante-cinq (45) professionnels de la santé issues venus de neuf zones de santé : 5 à Nyantende, 5 à Nyangezi, 5 à Kalehe,5 à Idjwi, 5 à Minova, 5 à Uvira, 5 à Ibanda, 5 à Kadutu et 5 à Bagira.

Au sortir de ces trois journées d’échanges et de travaux pratiques, les participants ont exprimé leur vive satisfaction quant à la qualité des modules dispensés. Déterminés à faire la différence sur le terrain, ils ont unanimement promis de restituer et de mettre immédiatement en application les acquis de cette formation dans leurs zones de santé respectives afin de renforcer la prévention, la surveillance et la prise en charge.
Le leadership et l’exemplarité au cœur de la réponse
Intervenant au cours des travaux sur la Prévention et le Contrôle des Infections (PCI), le Docteur Jean-Claude Kulondwa, Chef du bureau des activités publiques à la DPS et Président du pilier PCI-WASH dans la riposte, a insisté sur l’importance cruciale du leadership managérial dans la gestion des épidémies.
« Comme il s’agissait de la formation des membres des équipes cadres des zones de santé, j’ai préféré articuler mon message autour du leadership en Prévention et Contrôle de l’Infection (PCI). L’idée était d’inciter en eux la culture de la gestion des épidémies à travers l’organisation des services de prévention », a expliqué le Dr Jean-Claude Kulondwa.

Selon lui, la prévention ne doit pas être perçue comme la seule responsabilité des prestataires de soins sur le terrain, mais d’abord comme celle du responsable à la tête de la structure sanitaire :
« Le responsable doit être un exemple lui-même. Il ne peut pas prêcher pour des normes qu’il ne maîtrise pas ou qu’il n’applique pas. Il doit être communicatif et promouvoir un environnement où la culture de la PCI n’est pas uniquement punitive. Les sanctions doivent être aussi bien positives que négatives : lorsqu’un prestataire applique correctement les règles, il doit être encouragé pour servir de modèle aux autres. »

Supervision et application des précautions standards
Outre l’aspect managérial, le Dr Kulondwa a rappelé aux cadres des zones de santé leur mission essentielle d’accompagnement et de supervision intégrée des formations sanitaires. Il les a exhortés à diffuser largement les normes et directives auprès de toutes les parties prenantes et à veiller au respect strict des précautions standards.
Parmi les pratiques clés rappelées lors de cet atelier figurent :
L’hygiène rigoureuse des mains ;le port correct des équipements de Protection Individuelle (EPI) ; la sécurité des injections et la gestion adéquate des déchets médicaux ; le respect des normes de stérilisation et les techniques actuelles de décontamination des matériels et des surfaces.
Une PCI renforcée pour améliorer la qualité globale des soins
Pour le Président du pilier PCI-WASH, l’instauration d’un leadership fort en PCI va bien au-delà de la simple riposte contre une épidémie spécifique comme la MVE : elle influe directement sur l’ensemble de la prise en charge sanitaire et sur la confiance de la population.
« Lorsque le leadership en PCI est bien implémenté dans une structure, la qualité des soins suit. On constate que lorsque de bonnes pratiques de prévention sont appliquées, la communauté a tendance à faire davantage confiance et à utiliser les services de santé », a-t-il conclu.

Soutenu techniquement et financièrement par l’UNICEF à travers Son partenaire de mise l’ODH, ce projet vise à réduire la morbidité et la mortalité liées à la MVE au Sud-Kivu. Grâce aux engagements pris à la clôture de cet atelier, les zones de santé ciblées disposent désormais de cadres outillés pour harmoniser les outils de surveillance, optimiser le suivi des contacts et garantir une coordination efficace de la réponse au niveau opérationnel.

