Depuis le mercredi 27 août, les affrontements armés se multiplient dans les hauts-plateaux des territoires d’Uvira, Fizi et Mwenga. Les Forces armées de la RDC (FARDC), appuyées par les Wazalendo et l’armée burundaise, ont lancé une série d’attaques contre les positions tenues par la coalition Twirwaneho/AFC/M23. Cette nouvelle flambée de violence a provoqué un climat de psychose au sein de la population et aggravé une situation humanitaire déjà critique.
Minembwe, Sud-Kivu :- Dans la matinée du 27 Août 2025, une coalition composée des FARDC, des Wazalendo et de l’armée burundaise a attaqué le village de Rugezi, dans les hauts plateaux du territoire de Fizi. Une source locale affirme que des drones armés ont été utilisés lors de cette offensive, visant les positions tenues par la coalition Twirwaneho/AFC/M23. Le lendemain, le 28 août, d’autres attaques ont été rapportées, notamment dans et autour du village de Kalingi, dans le même milieu. Ces offensives, attribuées à la même coalition, ont intensifié les tensions et provoqué des déplacements massifs de population.
Face à cette résurgence de violences, la population civile vit dans la peur, selon plusieurs témoignages recueillis sur place. Des alertes sécuritaires ont été signalées dans plusieurs axes de Minembwe, où la population redoute de nouveaux affrontements. Dans ce contexte instable, plusieurs organisations humanitaires opérant dans la zone se sont retirées de Minembwe, invoquant l’insécurité persistante. Une décision qui a laissé des milliers de civils sans assistance, alors même que ces communautés tentaient péniblement de sortir de la famine grâce à une reprise progressive des activités agricoles.
La situation n’est guère plus rassurante dans les hauts-plateaux d’Uvira, où d’autres affrontements ont éclaté le jeudi 28 août, notamment non loin du groupement de Bijombo. Là encore, les combats ont opposé les éléments Twirwaneho/AFC/M23 à la coalition FARDC-Wazalendo-armée burundaise, cette dernière ayant installé plusieurs camps dans la région.
Par ailleurs, des accrochages ont été signalés à la limite entre les territoires de Mwenga et Uvira, dans les forêts séparant les deux entités. La zone reste stratégique pour les mouvements armés, qui s’y affrontent régulièrement pour le contrôle territorial.Des sources indépendantes évoquent une situation sécuritaire complexe et confuse, marquée par une multiplication des belligérants, un usage accru d’armes de guerre, et des déplacements forcés de populations sans aucune prise en charge.
La reprise des violences dans cette région, historiquement instable, remet en cause les efforts de stabilisation et de résilience engagés ces derniers mois. Alors que la population espérait retrouver un semblant de normalité, la spirale des affrontements plonge à nouveau les hauts-plateaux dans une crise multidimensionnelle.
D’autres sources ajoutent sans détails que la journée de ce Vendredi il y a eu des affrontements entre les FARDC et leurs alliés contre les Twirwaneho. La même source ajoute que dans la nuit de ce même Vendredi 29 Aout 2025 environs 21h00 une attaque par drone a visé Minembwe, territoire de Fizi, au Sud-Kivu. Des sources locales rapportent que pendant la journée des civils de Mikenge ont fui massivement la zone, sans espoir immédiat d’assistance ou de sauvetage. Les affrontements se poursuivent, accentuant la détresse humanitaire dans la région.
Cette recrudescence de la violence survient alors que des pourparlers sont en cours entre le mouvement armé AFC/M23 et les autorités congolaises, sous la facilitation du Qatar. Bien qu’un accord de principe ait été signé il y a quelques mois, les négociations semblent aujourd’hui dans l’impasse. Par ailleurs, un autre accord de paix, signé sous l’égide des États-Unis entre Kigali et Kinshasa, connaît également un retard dans sa mise en œuvre, ce qui renforce les inquiétudes quant à une sortie durable de crise.
En parallèle, la fondation de l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki avait initié un nouveau cadre de dialogue incluant des figures majeures de l’opposition congolaise, notamment Joseph Kabila et Moïse Katumbi et d’autres, ainsi que des représentants du régime en place. Cependant, Kinshasa a décliné cette invitation. Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a confirmé que l’exécutif ne participera pas à ces assises. Cette série de tensions illustre la complexité du conflit dans l’Est de la RDC et les défis qui pèsent sur les efforts diplomatiques régionaux et internationaux.

