Kalehe : la malnutrition menace les enfants déplacés de Ziralo privés d’assistance humanitaire.

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La situation humanitaire des déplacés du groupement de Ziralo, installés dans la zone Walowalwanda, dans le territoire de Walikale, devient de plus en plus alarmante. Plusieurs enfants souffrent actuellement de malnutrition sévère à cause du manque de nourriture, de médicaments thérapeutiques et de conditions de vie précaires dans les sites de déplacement.

Selon des déplacés, les familles vivent dans une extrême souffrance depuis leur fuite des violences armées dans leurs villages d’origine.  Sous des bâches et dans des abris de fortune, hommes, femmes et enfants survivent difficilement sans nourriture suffisante, sans eau potable et sans installations sanitaires adéquates.

« Les enfants passent parfois toute la journée sans manger. Nous mangeons seulement des feuilles de manioc sans huile quand nous en trouvons. Pour chercher cette nourriture, nous sommes obligés de retourner dans les zones que nous avons fuies malgré les tirs et l’insécurité », témoignent certaines femmes déplacées.

Les déplacés dénoncent également l’absence presque totale d’assistance humanitaire depuis leur arrivée dans cette zone. Ils affirment ne pas avoir accès aux soins médicaux, aux médicaments ni aux toilettes hygiéniques, les obligeant à vivre dans des conditions sanitaires extrêmement dégradantes.

Cette situation est corroborée par l’infirmier titulaire du centre de santé de Matutira délocalisé dans cette partie du territoire.

M. Katabana Mukaba Monde révèle que plusieurs cas de malnutrition sont déjà enregistrés chez les enfants de moins de cinq ans dans différents centres de santé accueillant les déplacés.

Il précise que le principal défi reste l’acheminement des intrants thérapeutiques disponibles au bureau central de la zone de santé de Bunyakiri vers les camps de déplacés de Ziralo, faute de moyens de transport et d’appui humanitaire.

D’après les statistiques livrées par le personnel soignant, le centre de santé de Nyabanda a déjà enregistré 18 cas de malnutrition, celui de Matutira 26 cas et celui de Kusisa 11 cas. Depuis le 6 avril 2026, au moins six décès d’enfants liés à la malnutrition ont également été signalés.

Les responsables sanitaires craignent une aggravation de la situation si les intrants thérapeutiques n’arrivent pas rapidement dans les structures de santé de la zone.

Face à cette urgence humanitaire, les déplacés ainsi que les agents de santé lancent un appel pressant aux organisations humanitaires afin d’apporter une assistance en vivres, non-vivres, médicaments et moyens logistiques pour sauver les enfants exposés à la malnutrition.

Ils demandent également le retour de la paix afin de permettre aux familles déplacées de regagner leurs villages et reprendre une vie normale.

Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL-GL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencija

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