La pollution de l’air et de l’environnement constitue un enjeu humanitaire silencieux à Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Déchets plastiques, fumées des moteurs, feux de brousse, déboisement et autres facteurs liés notamment aux conflits armés contribuent à la dégradation de la qualité de l’air et de l’environnement. Une situation qui, selon plusieurs acteurs locaux, expose particulièrement les populations vulnérables à diverses maladies et appelle à une mobilisation collective pour renforcer la protection de l’environnement.
Parmi les principales causes de cette pollution, David Kashindi, membre de l’Association pour la Protection de l’Environnement, le Développement et le Bien-être Durable (APEBD asbl), cite notamment l’accumulation des déchets plastiques. Selon lui, les sachets et bouteilles en plastique, qui se décomposent difficilement, constituent une importante source de pollution à Uvira. Il évoque également les gaz et fumées rejetés par les moteurs ainsi que le déboisement.David Kashindi déplore par ailleurs la présence de poubelles et de déchets dans plusieurs endroits de la ville, conséquence, selon lui, du non-respect des lieux réservés à la collecte des déchets. Il appelle ainsi la population à s’impliquer davantage dans l’assainissement de la ville et dans une meilleure gestion des déchets, notamment plastiques.
Il encourage également les organisations à intensifier les campagnes de sensibilisation sur la protection de l’environnement. Ces activités, estime-t-il, devraient être menées dans les écoles et universités, les marchés, les églises, mais aussi à travers des émissions radiophoniques afin de toucher un public plus large.
Sur le plan sanitaire, le docteur Dievin Hategeka, médecin responsable du Centre Afya ni Utajiri, alerte sur les conséquences de la pollution de l’environnement sur la santé humaine. Il affirme que plusieurs maladies peuvent être favorisées par un environnement pollué, notamment la grippe, la bronchite, la toux et la tuberculose.Le médecin souligne que certaines catégories de la population sont particulièrement vulnérables face à ces problèmes de santé, notamment les enfants âgés de zéro à cinq ans ainsi que les personnes du troisième âge.
Pour sa part, Willy Seremba, membre de la Synergie des organisations œuvrant pour la protection de l’environnement, estime que la pollution de l’air est devenue une réalité quotidienne à Uvira et concerne l’ensemble de la population. Il appelle à une prise de conscience collective face à ses conséquences sanitaires. Selon lui, la pollution ne provient pas uniquement des activités domestiques ou économiques. Il évoque également les conséquences environnementales des conflits armés, notamment les explosions, les bombardements et l’utilisation d’armes à feu, qui ont marqué plusieurs années de crise dans la région. A cela s’ajoutent, poursuit-il, les feux de brousse et la destruction des arbres, particulièrement sur les montagnes qui entourent Uvira.
Willy Seremba estime que la disparition progressive de la couverture végétale contribue également à la dégradation de l’environnement et à l’aggravation des conditions climatiques locales. Il appelle donc les autorités compétentes, particulièrement les services de l’Environnement et de la Santé, à travailler conjointement afin de mettre en place des stratégies et des solutions durables contre la pollution.
En tant que membre de la synergie des organisations œuvrant pour la protection de l’environnement, il affirme que les organisations locales membre de ladite synergie poursuivent les campagnes de sensibilisation auprès de la population. Ces structures se réunissent régulièrement pour réfléchir aux moyens de renforcer la protection de l’environnement et encouragent les habitants à adopter des comportements responsables.
Cet acteur environnemental recommande ainsi une collaboration renforcée entre les services étatiques, les organisations de la société civile et la population. Il plaide pour des actions concrètes allant de la gestion efficace des déchets à la lutte contre le déboisement et les feux de brousse, en passant par la sensibilisation sur les risques sanitaires liés à la pollution. Selon lui, la lutte contre la pollution de l’air à Uvira, apparaît ainsi comme une responsabilité collective qui nécessite l’implication des autorités, des organisations locales et de l’ensemble de la population afin de préserver la santé publique et l’environnement.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté par le Consortium, UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

