Sud-Kivu:à Bukavu, des victimes de guerre veulent faire entendre leur voix dans les processus de paix

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Dans une salle de réunion à Bukavu, des représentants de la société civile, des acteurs communautaires et des personnes touchées par les conflits échangent autour d’une même préoccupation : comment construire une paix durable dans une région qui continue de vivre au rythme des violences armées ?

Réunis depuis ce lundi 15 juin à l’initiative du Réseau des Associations Congolaises des Jeunes (RACOJ), avec l’appui d’Impunity Watch, les participants prennent part à un atelier consacré aux questions de vérité, de réconciliation, de réparations et de cohésion sociale.

Mais derrière ces concepts se cachent des réalités bien concrètes. Des familles déplacées à plusieurs reprises, des victimes de violences qui attendent toujours justice, des communautés divisées par des années de guerre et des jeunes qui n’ont connu que l’insécurité.

Pour les organisateurs, il est temps de revoir le plan d’action élaboré il y a plus de dix ans afin qu’il réponde aux défis actuels du Sud-Kivu.

« Depuis 2014, beaucoup de choses ont changé. Les conflits se sont transformés, de nouvelles crises sont apparues et les besoins des communautés ont évolué. Nous devons adapter nos stratégies à cette nouvelle réalité », explique Didier Kigonya, coordinateur de RACOJ.

Au fil des discussions, un constat revient régulièrement : les victimes restent souvent absentes des espaces où se décident pourtant les mécanismes censés apporter la paix.

« Ceux qui ont perdu des proches, ceux qui ont fui leurs villages ou qui vivent encore les conséquences de la guerre doivent être au centre des réflexions. Ils ne peuvent pas être simplement consultés après coup », estime un participant.

Dans un contexte marqué par la poursuite des combats dans plusieurs zones de l’Est de la RDC, les participants considèrent que la paix ne pourra être durable sans vérité, sans reconnaissance des souffrances subies et sans réparations pour les victimes.

Au-delà des recommandations attendues à la fin de l’atelier, les organisations présentes espèrent porter un message simple : la paix ne se construit pas uniquement autour des tables de négociation ou dans les accords politiques. Elle se construit aussi en écoutant les communautés qui vivent chaque jour les conséquences de la guerre.

Pour de nombreux participants, la justice transitionnelle ne doit plus être seulement un concept juridique ou institutionnel. Elle doit devenir un outil capable de redonner une place, une dignité et une voix à ceux que les conflits ont trop longtemps réduits au silence.

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