Uvira : la faim fragilise la scolarité des enfants vulnérables

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L’insécurité alimentaire qui frappe de nombreux ménages d’Uvira compromet la scolarité et l’avenir des enfants. Société civile, enseignants et responsables d’écoles appellent à des mesures concrètes pour les maintenir en classe.

Pour Mapenzi Manyebwa, acteur de la société civile locale, les mécanismes qui existent dont notamment l’assistance de certaines ONG, appui d’associations de bienfaiteurs, solidarité familiale sont insuffisants et plaide pour une implication accrue de l’UNICEF, du PAM et de la FAO, ainsi que pour la mise en place de cantines scolaires ciblant les enfants des familles pauvres et d’un soutien alimentaire mensuel aux ménages vulnérables.

Notre source attend aussi davantage de l’État : « _Il faudrait qu’il y ait l’implication de l’État congolais dans des projets d’alimentation, mais aussi dans des projets de l’agriculture_ », afin que chaque ménage accède à une alimentation de qualité, en quantité suffisante et à un prix raisonnable. Il recommande enfin de sensibiliser les parents à cultiver des champs près de leur domicile : « _Ce sont ces champs qui devraient leur permettre […] de répondre à leurs besoins alimentaires._ »

À Kiliba, Maneno Njabuka, enseignante et mère de famille, décrit les conséquences au quotidien des parents qui selon lui, privilégient la nourriture au détriment des fournitures et des frais scolaires. « _Quand on est affamé à la maison, est-ce que l’enfant va être rassasié à l’école ? Non. La famine commence à la maison et s’envole jusqu’à l’école_ », déplore-t-elle. Elle lance un appel aux bienfaiteurs et aux humanitaires : « _Venez sauver les papas et les mamans pour qu’ils puissent vraiment encadrer leurs enfants._ »

Dans le groupement d’Itara Luvungi, Lushuli Byamungu John, préfet du Complexe scolaire Horizon, confirme ce constat. Pour lui : « _La faim ne ruine pas seulement le corps, mais aussi les fonctions mentales. Un enfant qui a faim ne peut pas bien suivre l’enseignant_ », rappelle-t-il.

Selon lui, certains élèves sèchent les cours pour chercher des miettes tombées des sacs de passagers, au risque d’abandonner les études.

Notre source reconnaît toutefois les limites des établissements scolaires : « _Les écoles ne peuvent pas être en mesure de nourrir ces enfants._ »

PIl suggère qu’avec l’appui du gouvernement et des partenaires financiers, un recensement des enfants issus de familles défavorisées soit mené pour leur assurer un repas à l’école.

Article rédigé dans le cadre du programme Habari za Mahali exécuté par le consortium COMEL-UFMP-UNPC sous le financement de la Benevolencija.

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