Uvira : la pauvreté, l’insécurité et les mauvaises pratiques alimentaires parmi les facteurs de la malnutrition infantile

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À Uvira, la malnutrition infantile demeure un problème de santé publique, particulièrement dans les ménages vulnérables. La pauvreté, le manque de connaissances nutritionnelles, les pratiques alimentaires inadaptées, les maladies récurrentes et l’insécurité figurent parmi les principaux facteurs aggravants. Les acteurs de la nutrition appellent à renforcer la sensibilisation communautaire et l’accompagnement des familles, tout en améliorant la disponibilité des intrants nutritionnels dans les structures sanitaires.

Mwamini Furaha, mère d’une fillette malnutrie, déplore le manque de moyens financiers et la rareté des aliments thérapeutiques, notamment le Plumpy’Nut. Selon elle, certaines familles doivent se rendre au Burundi pour s’en procurer, alors qu’elles peinent déjà à se nourrir. De leur côté, les femmes enceintes, comme Cikuru Maria, s’inquiètent de la hausse des prix des denrées alimentaires et de ses conséquences sur leur santé et le développement du fœtus. Zabibu Byamungu, femme allaitante, appelle les autorités congolaises, avec l’appui des organisations humanitaires, à réduire certaines taxes sur les produits alimentaires importés afin de faciliter leur accès aux ménages pauvres.

Pour Mapenzi Manyebwa, responsable de l’organisation Ubundu Grand Lac, la prévention passe par une alimentation équilibrée, suffisamment riche en protéines et en sources d’énergie. Il insiste également sur le rôle des relais communautaires dans la sensibilisation des familles aux bonnes pratiques alimentaires et sur la nécessité d’une collaboration renforcée entre les centres de santé, les nutritionnistes, les infirmiers, les enseignants et les communautés.

De son côté, Mbirize Ruharuka Zembri, expert en nutrition, identifie la pauvreté, les connaissances insuffisantes en nutrition, les erreurs liées à l’allaitement et l’introduction inadaptée de l’alimentation complémentaire parmi les causes de la malnutrition chez les enfants de 6 à 59 mois. Il rappelle que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande l’allaitement maternel exclusif durant les six premiers mois. Le paludisme, la diarrhée, la rougeole et d’autres infections fragilisent également l’état nutritionnel des enfants, tandis que l’insécurité provoque des déplacements de population et prive certaines familles de leurs sources de revenus.

Concernant le dépistage, l’expert explique qu’il s’effectue au niveau communautaire, grâce aux relais qui mesurent le périmètre brachial et recherchent les œdèmes avant d’orienter les cas suspects vers les centres de santé. Dans les structures sanitaires, les enfants doivent également bénéficier d’une évaluation nutritionnelle, même lorsqu’ils consultent pour d’autres maladies.

Toutefois, la prise en charge reste confrontée aux ruptures répétées d’intrants nutritionnels, qui peuvent entraîner l’interruption des activités dans certaines zones de santé. Mbirize Ruharuka Zembri déplore aussi le manque de motivation des prestataires, lié notamment aux conditions de rémunération et à l’absence de mécanisation de nombreux agents.

Face à ces défis, le renforcement de la prévention, l’accès aux aliments nutritifs, la disponibilité régulière des intrants et la mobilisation communautaire sont essentiels pour lutter durablement contre la malnutrition infantile à Uvira.

Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par La Benevolencija et exécuté par le consortium composé de l’UNPC, de COMEL-RDC et de l’UFMP.

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