Dans la ville d’Uvira, plusieurs familles sinistrées et déplacées de guerre continuent de survivre dans des conditions jugées inhumaines, faute de logements décents. Selon des témoignages recueillis le 13 avril 2026 auprès des victimes installées notamment à Mulongwe ainsi que dans d’autres zones affectées, ces populations dénoncent une situation qui porte gravement atteinte à leur dignité, leur intimité et leur santé.
Comme l’a indiqué Anatole Katonga, président du site des sinistrés de la 8ᵉ CEPAC Kasenga, la situation est critique. Il rappelle que la constitution congolaise garantit à chaque citoyen le droit à un logement décent, à l’eau potable et à l’électricité.
Cependant, de nombreuses familles ont été victimes des inondations causées par la rivière Mulongwe et la montée des eaux du Lac Tanganyika.
« Nous, en tant que congolais, avons été victimes des inondations. Pendant la saison des pluies, nous passons souvent la nuit à la belle étoile. Lorsqu’il pleut, nos abris sont inondés, nos matelas sont mouillés et nous ne savons plus où aller avec nos familles », témoigne-t-il.
Cette situation a des répercussions graves sur le plan psychologique et social. Emmanuel Abedi, coordonnateur urbain du mouvement citoyen Machozi ya Raiya, alerte sur les risques encourus par ces populations. Selon lui, l’absence d’abris adaptés expose les sinistrés à des maladies et à une détérioration de leur santé mentale.
« Jusqu’à présent, ces familles ne disposent pas d’abris appropriés alors qu’il existe encore des espaces vides où des maisons préfabriquées pourraient être construites pour restaurer leur dignité. Leur état psychologique est déjà affecté et plusieurs sont menacés par diverses maladies », affirme-t-il.
La coordinatrice de l’association Action pour la Promotion et le Développement de la Femme, Lydie Kalire, insiste sur l’impact du déplacement forcé sur la santé mentale des victimes.
« Quitter brusquement son milieu de vie habituel pour s’installer dans un endroit précaire est une expérience extrêmement difficile. Dans un contexte marqué par la guerre, certaines familles ont déjà perdu des proches, d’autres ont abandonné leurs biens, ce qui accroît leur souffrance psychologique et émotionnelle. » Elle souligne que les conditions actuelles aggravent la vulnérabilité des familles et nécessitent une intervention urgente.
Pour Mapenzi Manyebwa, acteur humanitaire, les besoins prioritaires concernent le logement, l’accès à l’eau potable, la nourriture, les soins de santé et la protection des personnes vulnérables.
Il appelle les organisations humanitaires à renforcer les abris temporaires et à fournir une assistance multisectorielle, en collaboration avec les autorités.
« Sans implication active de l’État dans le suivi et la coordination des actions humanitaires, les réponses resteront insuffisantes face à l’ampleur de la crise. »
Les intervenants insistent également sur la nécessité d’une meilleure coordination entre ONG, autorités locales et gouvernement central afin de garantir des réponses efficaces et adaptées aux besoins réels des victimes.
Article rédigé dans le cadre du projet « Habari za Mahali », financé par la Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

