Les femmes membres des coopératives, les activistes contre les violences basées sur le genre et les leaders du marché du haricot du groupement de Luvungi, dans la plaine de la Ruzizi, ont participé à un atelier sur le genre dans le système semencier. Cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet Culture de Haricot pour l’Empouvoirement de la Femme à l’est de la République Démocratique du Congo (CHEFe), une initiative du Centre International d’Agriculture Tropicale (CIAT) avec le soutien financier des Affaires Mondiales Canada.
Selon les organisateurs, l’objectif est d’amener les femmes à prendre des décisions concernant la gestion des finances générées par les activités agricoles, notamment la culture de haricot. Julie Ntamwinja, en charge de la composante genre au CIAT, ajoute que la femme doit devenir leader dans sa communauté, au niveau provincial et même au niveau national.
Ces femmes, œuvrant dans le secteur de la production agricole, font savoir qu’elles sont confrontées à des difficultés quotidiennes, parmi lesquelles le manque de semences, les perturbations climatiques caractérisées par des pics de pluies et des carences graves en eau, dues à l’absence de systèmes d’irrigation. Elles citent également les difficultés d’accès à la terre, le manque de connaissances sur les bonnes pratiques de culture et de protection du haricot contre les maladies, et bien d’autres encore.
Les formateurs encouragent les participantes à s’investir dans la culture du haricot, soulignant ses nombreux avantages pour la société. Ils insistent également sur la promotion de l’équité en faveur des femmes, afin d’assurer leur émancipation au sein de la communauté.
De plus, les formateurs du CIAT, à travers leur spécialiste en nutrition, Monsieur Napoleon Kajunju, ont sensibilisé les participants à l’importance de la nutrition à base de haricots en démontrant les avantages pour la santé d’une telle alimentation. Parmi ces bienfaits, Napoleon Kajunju a insisté sur l’importance des protéines pour la construction du corps, du fer pour lutter contre l’anémie, et du zinc pour renforcer le système immunitaire.
Les participants ont accueilli ces enseignements avec joie, posant des questions sur les meilleures méthodes de préparation des haricots pour les rendre plus attractifs et palatables, ainsi que pour lutter contre les flatulences qu’ils provoquent souvent. En réponse, les formateurs ont insisté sur le fait qu’il est nécessaire de tremper les haricots secs pendant environ 12 heures avant leur cuisson, non seulement pour réduire les problèmes de flatulences, mais aussi pour diminuer le temps de cuisson tout en améliorant les caractéristiques organoleptiques du plat final.
L’activité, qui se tient dans la salle des réunions de l’hôtel NALUGONDE, rassemble 110 personnes, dont 92 femmes et 18 hommes. Ils proviennent des coopératives suivantes : Coopérative Buguma, Coopérative Mamans d’Amour, Coopérative OADR, ainsi que des femmes leaders sur le marché du haricot et des activistes dans la lutte contre les violences basées sur le genre.

