L’état des routes et des ponts reliant le groupement de Lurhala (Izege) et le sous-groupement d’Ibona, dans le territoire de Walungu, est devenu critique. Cette situation touche particulièrement les villages de Kahembarhi, Kalakandja, Kasugula, Chibambaza, Bugala et Ibona.
L’alerte a été lancée le jeudi 4 juin 2026 par le chef du sous-groupement d’Ibona, Kulondwa Chigangu, lors d’un entretien accordé à notre rédaction.
Selon lui, ces villages sont reliés par trois ponts principaux — Kanyaboba, Mugombe et Mubira — dont la dégradation continue met en danger des vies humaines. Il précise que ces ouvrages avaient initialement été construits en planches et en grumes (sticks d’arbres), mais que ces travaux n’ont pas pu s’inscrire dans la durée par manque de moyens. Pourtant, ces ponts sont stratégiques : ils facilitent l’accès aux grands centres commerciaux et administratifs, notamment ceux de Mugogo et de Walungu-centre.
Le chef de sous-groupement souligne que la communauté locale est déjà mobilisée et que la main-d’œuvre, ainsi que des matériaux locaux (sable, sticks d’arbres), sont disponibles. Kulondwa Chigangu appelle désormais les partenaires au développement et les personnes de bonne volonté à appuyer ces efforts locaux pour une reconstruction durable :
« C’est un cri d’alarme que je lance aux personnes de bonne volonté, aux humanitaires et aux autorités. Nous avons le pont Kanyamuba qui relie Kahembarhi, Kalakandja, Kashugula et Chibambaza ; le pont Mugongo qui relie les villages Namubanda, Mugala et Chai ; ainsi que les ponts Mubira et Chakandako qui relient Ibona, Mudusa et Muranga. Tous ces ouvrages sont dans un état de délabrement avancé. La population est prête à fournir sa contribution locale en sable et en bois. Nous n’attendons plus qu’un bailleur pour nous appuyer en ciment et en fer à béton. »
Pour finir, l’autorité locale invite également les ressortissants du territoire de Walungu vivant ailleurs à soutenir ce projet, chacun selon ses moyens, afin de désenclaver ces entités et de faciliter la libre circulation des personnes et de leurs biens.
Walungu : le chef du sous-groupement d’Ibona alerte sur le délabrement très avancé des ponts
Ebola au Sud-Kivu : trois cas confirmés dont un décès, 46 cas suspects à haut risque et interdiction des rassemblements
L’épidémie à virus Ebola est une réalité qui continue d’affecter les vies humaines dans la province du Sud-Kivu.
Dans une communication à la presse ce vendredi 5 juin 2026, M. Freddy Kaniki, coordonnateur de la cellule de riposte contre le virus Ebola dans la province, a précisé que cette épidémie a déjà occasionné la mort d’une personne. Deux autres malades confirmés suivent actuellement un traitement, tandis que 46 cas suspects à haut risque sont sous observation médicale, dont 14 personnes à Nyakadaka et 32 autres à l’Hôpital général de référence (HGR) de la Fomulac Katana, à Kabare.
Devant la presse, M. Freddy Kaniki a indiqué que sa structure a déjà élaboré et mis en application un plan de riposte. Ce dernier comprend :
La création d’un centre d’isolement d’une capacité d’accueil de 70 personnes ;
La création d’un centre de traitement d’une capacité de 30 personnes et la mise en place d’un laboratoire de biologie moléculaire de dernière génération, destiné à éclairer les décisions épidémiologiques et médicales.
Parmi les défis majeurs de la riposte figurent la fluidité des mouvements des populations des zones affectées vers les zones saines, la forte densité démographique, ainsi que la désinformation et les rumeurs.
Pour briser la chaîne de contamination au sein de la communauté, le coordinateur a annoncé plusieurs mesures restrictives :
« Nous avons opté pour le renforcement de la surveillance de la mortalité. Chaque décès survenu dans la communauté doit être investigué pour savoir s’il y a un lien avec Ebola. Au besoin, un prélèvement doit être fait dans les meilleurs délais pour une analyse en laboratoire, afin de garantir une inhumation digne et sécurisée. Nous imposons également une restriction temporaire des mouvements en provenance du village de Kahungu, qui est l’épicentre de l’épidémie. Enfin, il y a interdiction de tout rassemblement, meeting populaire, événement social ou réunion dans les lieux de prière, afin de diminuer la transmission de la maladie », a-t-il insisté.
M. Freddy Kaniki a salué l’implication des partenaires techniques et financiers, déjà présents sur le terrain pour faciliter les opérations de riposte.
Philemon Mutula
Prévention d’Ebola à Uvira : une priorité des professionnels de santé et des acteurs communautaire
Uvira, Sud-Kivu :-Alors que la maladie à virus Ebola refait surface dans l’est de la République démocratique du Congo, les autorités sanitaires, les structures de santé et les acteurs communautaires d’Uvira renforcent les dispositifs de prévention afin d’éviter l’apparition de cas dans la ville. À ce jour, aucun cas confirmé n’a été signalé à Uvira. Toutefois, les autorités appellent la population à la vigilance à travers le respect des mesures barrières, la sensibilisation communautaire et le renforcement de la préparation des équipes sanitaires.
Selon Jérémie Sosthène, infirmier titulaire du Centre de santé Tanganyika, la population est largement informée sur l’existence de la maladie. Il insiste néanmoins sur la nécessité de maintenir les efforts de prévention. « Tout le monde est au courant de cette maladie, même si aucun cas n’a encore été confirmé dans la ville d’Uvira. La population doit éviter tout contact direct à risque et ne pas négliger les mesures préventives. Nous devons tout faire pour mettre en pratique les mesures barrières », a-t-il déclaré.
De son côté, le médecin-chef de la Zone de santé d’Uvira, le Dr Panzu Nimi, rappelle que la RDC dispose d’une expérience importante dans la lutte contre Ebola. « Ce n’est pas la première fois que notre pays fait face à Ebola. Il s’agit de la 17ᵉ épidémie enregistrée en République démocratique du Congo », a-t-il expliqué.
Dans le cadre du renforcement de la préparation locale, une coordination de préparation et de riposte a été mise en place. Parmi les actions envisagées figure la construction d’un Centre de Traitement Ebola (CTE) dans un espace séparé de l’Hôpital général, afin de garantir une prise en charge adéquate des éventuels patients tout en limitant les risques de contamination.
Le Dr Panzu Nimi précise que ce centre devra être équipé en mobilier, médicaments et matériels médicaux adaptés. L’identification du personnel appelé à y travailler, notamment les médecins, infirmiers et hygiénistes, est également en cours. Des échanges ont déjà été engagés avec différents partenaires pour mobiliser les ressources nécessaires, sous réserve de l’appui des autorités compétentes.
« Nous prévoyons également des formations destinées aux agents qui seront affectés dans ce centre afin de renforcer leurs capacités de prise en charge et de prévention », a-t-il ajouté.
Malgré ces efforts, plusieurs défis persistent. Le manque de moyens financiers et matériels demeure un obstacle majeur à la mise en œuvre des activités de prévention. Les équipements de protection individuelle, les dispositifs de lavage des mains, les seaux d’eau ainsi que les matériels de surveillance sanitaire figurent parmi les besoins prioritaires pour assurer une riposte efficace. Pour sa part, Mapenzi Manyebo, acteur humanitaire et leader communautaire, appelle à une mobilisation collective renforcée. Il souligne l’importance du respect des normes sanitaires et environnementales ainsi que l’implication de tous les acteurs de la communauté dans la prévention de la maladie.
Les professionnels de santé rappellent que la prévention reste le moyen le plus efficace pour lutter contre Ebola. Celle-ci repose notamment sur l’information régulière de la population, l’adoption des mesures d’hygiène, le signalement rapide des cas suspects et la collaboration entre les autorités sanitaires, les partenaires et les communautés locales.
Alors que la ville d’Uvira poursuit ses préparatifs, les autorités sanitaires réaffirment leur engagement à protéger la population contre toute menace épidémique et invitent chaque citoyen à contribuer aux efforts de prévention.
Article rédigé dans le cadre du projet « Habari Za Mahali », financé par La Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.
Bukavu : La hausse alarmante des cas de suicide inquiète les spécialistes de la santé mentale
Quatre-vingt-onze cas de suicide ont été enregistrés dans la province du Sud-Kivu au cours du premier trimestre de l’année 2026. Ce chiffre est particulièrement préoccupant lorsqu’on le compare aux 121 cas recensés durant toute l’année 2025. Face à cette situation, les spécialistes de la santé mentale tirent la sonnette d’alarme et appellent au renforcement des mécanismes de prévention et d’accompagnement psychosocial au sein des communautés.
Cette précision est de Philippe Amani Busane, médecin psychologue clinicien à l’hôpital de Panzi. Selon lui, cette augmentation des cas de suicide est étroitement liée à la dégradation du contexte sécuritaire, économique et humanitaire que connaît actuellement la province. Les conflits armés, les déplacements de populations, la perte des moyens de subsistance ainsi que l’incertitude liée à l’avenir exposent davantage les populations à des troubles psychologiques tels que le stress chronique, les traumatismes et la dépression.
« Nous observons aujourd’hui une accumulation de facteurs de vulnérabilité qui affectent profondément la santé mentale des populations. Beaucoup de personnes vivent dans l’angoisse permanente à cause de l’insécurité, de la pauvreté et des difficultés quotidiennes », explique-t-il.
Le psychologue souligne également que les catastrophes naturelles et les crises sanitaires viennent souvent s’ajouter aux traumatismes déjà vécus par les populations. Les incendies, les éboulements de terrain, les inondations, les accidents de circulation, les pandémies et les épidémies constituent autant d’événements susceptibles d’aggraver les souffrances psychologiques.
« Quand on parle de catastrophe, il faut considérer aussi bien les catastrophes naturelles que les catastrophes humaines. Tous ces événements peuvent constituer un second traumatisme chez des personnes déjà fragilisées par les crises qu’elles traversent », précise-t-il.
Pour Philippe Amani Busane, de nombreuses personnes éprouvent aujourd’hui des difficultés à développer des mécanismes de résilience leur permettant de faire face aux épreuves de la vie. Cette situation est aggravée par l’isolement social, le silence autour de la souffrance psychologique et le manque de soutien familial ou communautaire.
« L’isolement, le manque d’écoute et l’absence d’accompagnement augmentent les risques de détresse psychologique. Les personnes vulnérables ont besoin d’espaces de dialogue où elles peuvent exprimer leurs difficultés et recevoir un soutien adapté », affirme-t-il.
Le spécialiste insiste sur la nécessité de placer la personne au centre de prise en charge et de considérer la santé mentale comme une composante essentielle de tous les secteurs de la vie.
Face à cette situation, Philippe Amani Busane recommande le renforcement de l’encadrement communautaire, la multiplication des campagnes de sensibilisation sur la santé mentale ainsi que le développement de services d’accompagnement psychosocial, particulièrement en faveur des jeunes et des personnes affectées par les crises. Il invite également les médias à jouer un rôle actif dans la prévention du suicide à travers la diffusion de messages de sensibilisation, d’espoir et de résilience.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL-GL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencia.
Uvira : les difficultés économiques des familles vulnérables affectent la participation des élèves aux examens
Depuis la fin du mois de mai, les examens de fin d’année se déroulent sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo, notamment l’Examen National de Fin d’Études Primaires (ENAFEP) lancé ce jeudi 4 juin. Dans la ville et le territoire d’Uvira, plusieurs familles touchées par les conséquences de la crise sécuritaire éprouvent d’énormes difficultés à accompagner leurs enfants durant cette période décisive de l’année scolaire.
À Luvungi, parents et acteurs de la société civile déplorent des conditions de vie devenues précaires, avec des répercussions directes sur la scolarité des enfants. Selon Mulala Ngwasi, membre de la société civile locale, la situation économique actuelle ne permet plus à de nombreux parents de faire face aux différentes charges scolaires exigées à la fin de l’année.
« Il y a moins de moyens financiers et cela fait que plusieurs parents ne parviennent pas à payer les deux mois demandés par les établissements scolaires, les frais de stage, de fonctionnement et d’autres dépenses. Or, ces moyens proviennent essentiellement de l’agriculture, mais les conditions sécuritaires vécues n’ont pas permis de réaliser de bonnes récoltes », explique-t-il.
Même constat du côté de certains parents. Byamungu La Joie témoigne que plusieurs ménages sont contraints de réorganiser leurs dépenses afin de permettre à leurs enfants de terminer l’année scolaire. Cette situation les pousse souvent à sacrifier d’autres besoins essentiels de la famille pour privilégier la scolarité.
Au-delà des difficultés financières, les spécialistes alertent également sur les conséquences psychologiques de cette précarité. Selon madame Louise Mwajuma, psychologue clinicienne au sein de la Clinique de Consultance et d’Assistance Psychologique (CCAP Asbl), les difficultés familiales influencent directement les performances scolaires des élèves.
« Les difficultés familiales peuvent influencer la performance des enfants au plan scolaire. Elles affectent leur concentration et créent du stress, notamment lorsqu’un élève ne sait pas s’il pourra réellement terminer son année scolaire à cause du manque de moyens financiers », souligne-t-elle.
Face à cette réalité, plusieurs acteurs plaident pour des mécanismes de soutien en faveur des élèves vulnérables. Pour Kalala Mwambay Stéphano, préfet du Complexe Scolaire La Victoire, des initiatives humanitaires ciblées pourraient contribuer à réduire les inégalités observées pendant les périodes d’examens.
« Une aide humanitaire peut permettre à ces élèves d’étudier et de terminer leur année scolaire. Les parents, les écoles, les ONG et d’autres structures devraient également renforcer la sensibilisation et réfléchir ensemble à des solutions pouvant alléger certaines charges scolaires afin de permettre à ces enfants de poursuivre normalement leur parcours éducatif », recommande-t-il.
Alors que les examens se poursuivent dans la région, plusieurs observateurs estiment que l’amélioration des conditions de vie des ménages vulnérables demeure un facteur essentiel pour garantir un accès équitable à l’éducation et permettre aux élèves d’affronter sereinement les épreuves scolaires.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté par le Consortium UNPC, COMEL et UFMP.
BUKAVU : Alliance stratégique entre la DSS et la dynamique Debout Julien Manegabe pour le développement local
Bukavu, le 5 juin 2026 :La Dynastie Signature Solution (DSS), sous le leadership du patriarche Cyprien Birhingingwa Mugabo, et la dynamique « Debout Julien Manegabe » ont officiellement décidé d’unir leurs efforts. Objectif : œuvrer ensemble pour l’intérêt supérieur de la population.
Animées par une vision commune, des objectifs convergents et un plan d’action partagé, orienté vers le développement communautaire, ces deux structures scellent un partenariat stratégique fondé sur la solidarité, la complémentarité et l’engagement citoyen. Cette alliance vise à renforcer leur capacité d’action sur le terrain afin d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations des populations locales.

La cérémonie de jumelage s’est déroulée ce jeudi 4 juin 2026 à Bukavu, en présence d’acteurs clés, de points focaux et de représentants des communautés de Kadutu et de Bagira. Cette rencontre a permis aux différentes parties prenantes de réaffirmer leur détermination à travailler main dans la main pour promouvoir le développement local, la cohésion sociale et le bien-être collectif.
Plus qu’un simple jumelage, cet accord marque une véritable union des forces vives autour d’un idéal commun : servir la population et contribuer durablement à son épanouissement.
Ce partenariat témoigne de la volonté des deux organisations de mutualiser leurs compétences, leurs expériences et leurs ressources afin de relever efficacement les défis sectoriels. C’est un tournant majeur pour le développement communautaire de la région, et un véritable ouf de soulagement pour les habitants.
Uvira : les mécanismes locaux de paix contribuent à la consolidation de la cohésion sociale
Depuis le rétablissement progressif de l’autorité de l’État dans la ville et le territoire d’Uvira, au Sud-Kivu, le renforcement des mécanismes de paix durable figure parmi les priorités absolues des acteurs locaux. Après plusieurs épisodes d’insécurité et de tensions communautaires, les initiatives visant à consolider la cohésion sociale se multiplient. Mais une question demeure : quels sont aujourd’hui les mécanismes locaux qui contribuent réellement à la construction de la paix à Uvira ?
Pour de nombreux acteurs de la société civile, la paix n’est pas seulement l’affaire des autorités administratives ou des organisations spécialisées. Elle repose avant tout sur l’implication de chaque citoyen. C’est la conviction d’Emmanuel Abedy, coordonnateur urbain du mouvement citoyen Machozi ya Raiya dans la ville d’Uvira.
Selon lui, chaque citoyen responsable doit participer activement à la recherche et au maintien de la paix. « La question de la paix doit préoccuper tout le monde », affirme-t-il. Dans cette perspective, son organisation a lancé la campagne Amani Kwetu, une initiative communautaire destinée à sensibiliser les populations sur l’importance du vivre-ensemble, du dialogue et du respect mutuel entre les différentes communautés.
À travers cette campagne, des séances de sensibilisation sont organisées dans plusieurs quartiers afin d’encourager les habitants à privilégier les solutions pacifiques face aux différends qui peuvent surgir dans la vie quotidienne. Pour les promoteurs de cette initiative, la prévention des conflits passe par une prise de conscience collective et un engagement citoyen permanent. Dans la cité de Sange, située dans la plaine de la Ruzizi, d’autres mécanismes locaux jouent également un rôle déterminant dans la consolidation de la paix. Les leaders religieux et les leaders d’opinion y sont particulièrement actifs.
Selon Mudeda Paul, chef de cité de Sange, ces personnalités influentes contribuent de manière significative au renforcement de la cohésion sociale à travers des séances d’échanges communautaires, des rencontres de dialogue et diverses activités organisées au sein des confessions religieuses.
« Les leaders religieux et les leaders d’opinion ont une influence importante parce qu’ils sont suivis par de nombreuses personnes qui accordent du crédit à leurs messages », explique-t-il.
Grâce à leur proximité avec les populations, ces acteurs constituent souvent un relais efficace pour promouvoir les valeurs de tolérance, de réconciliation et de coexistence pacifique.
Leur action est d’autant plus importante dans un contexte où les blessures laissées par les crises passées nécessitent un travail continu de rapprochement entre les communautés. Les lieux de culte deviennent ainsi des espaces privilégiés de sensibilisation et de dialogue, permettant de prévenir les tensions et de renforcer la confiance mutuelle.
Les organisations humanitaires apportent également leur contribution au renforcement des mécanismes locaux de paix. C’est notamment le cas de l’organisation CRIPAD qui accompagne les communautés dans la gestion pacifique des conflits.
Selon Willy Seremba, coordinateur adjoint de cette organisation, l’approche adoptée consiste d’abord à identifier les conflits existants avant de définir les stratégies appropriées pour leur résolution. Cette démarche permet de répondre aux causes profondes des tensions et de favoriser des solutions durables.
« Nous poursuivons un travail continu de sensibilisation afin de réduire les conflits entre communautés, entre individus et entre différents groupes sociaux », indique-t-il.
Le CRIPAD travaille en étroite collaboration avec les comités de développement présents dans les quartiers afin de faciliter la médiation entre les parties en conflit. Ces structures communautaires jouent un rôle essentiel dans la prévention et la résolution des différends locaux grâce à leur connaissance du terrain et à leur proximité avec les populations.
Pour Willy Seremba, la consolidation de la paix exige une vigilance permanente. Il appelle ainsi les acteurs engagés dans la promotion de la paix à poursuivre leurs efforts malgré les difficultés rencontrées. « Les conflits naissent chaque jour dans la société. Les acteurs de paix ne doivent pas baisser les bras », insiste-t-il.
Article rédigé dans le cadre du projet « Habari Za Mahali », financé par La Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.
Retard du lancement de l’ENAFEP à Minova : les candidats contraints d’attendre pendant plusieurs heures
Minova, 4 juin 2026 :- Une situation inhabituelle a été observée ce jeudi dans plusieurs centres de passation de l’Examen National de Fin d’Études Primaires (ENAFEP) à Minova, dans la province du Sud-Kivu. Jusqu’à 11 heures locales, les épreuves n’avaient toujours pas débuté alors que les élèves étaient présents depuis les premières heures de la matinée.
Selon les informations recueillies sur place, les candidats ont été rassemblés dans les centres d’examen et ont participé à la cérémonie habituelle marquée notamment par l’exécution de l’hymne national de la République démocratique du Congo. Cependant, après cette étape, les élèves sont restés à l’extérieur des salles d’examen sans qu’aucune épreuve ne soit lancée.
Cette longue attente suscite l’inquiétude chez plusieurs candidats. Certains élèves interrogés affirment ressentir de la fatigue et du stress avant même le début des examens, pourtant très attendus après plusieurs années d’études primaires.
« Nous sommes arrivés tôt le matin. Nous attendons depuis plusieurs heures et nous commençons déjà à nous fatiguer », a confié un candidat rencontré dans un centre de passation.
Les parents et les élèves s’interrogent sur les raisons de ce retard et craignent que cette situation n’affecte les performances des candidats lors des épreuves. Ils appellent les autorités éducatives compétentes à intervenir rapidement afin de permettre le bon déroulement de l’examen dans des conditions favorables.
L’ENAFEP constitue une étape importante dans le parcours scolaire des élèves congolais, marquant la fin du cycle primaire et l’accès à l’enseignement secondaire. Les candidats de Minova espèrent ainsi que les dispositions nécessaires seront prises dans les meilleurs délais afin que les examens puissent se dérouler normalement.
Par Aimé Hamuli
Bukavu : la pénurie d’eau potable, un obstacle aux efforts de prévention contre Ebola
Plusieurs quartiers de la ville de Bukavu font face à une pénurie persistante d’eau potable en début de la saison sèche. Cette situation inquiète les professionnels de santé alors que les populations sont appelées à renforcer les mesures d’hygiène pour prévenir la propagation de la maladie à virus Ebola.
Les habitants des quartiers Chai, Panzi, Muhungu, Buholo et Kasha figurent parmi les plus touchés par cette carence en eau, devenue un véritable défi sanitaire dans un contexte marqué par la vigilance face à l’épidémie d’Ebola signalée dans la province.
Le docteur Willy Murhula, agent sanitaire à Bukavu, estime que cette pénurie risque de fragiliser les efforts de riposte contre la maladie.
Selon lui, l’accès à l’eau constitue un élément essentiel dans l’application des mesures barrières recommandées par les autorités sanitaires.
« Sans eau, il devient difficile, voire impossible, de respecter la première mesure de prévention qui consiste à se laver régulièrement les mains. L’eau est indispensable pour l’hygiène personnelle, le nettoyage des vêtements, de la vaisselle, des aliments et même pour la consommation quotidienne », explique-t-il.
Le professionnel de santé souligne que l’insuffisance d’eau potable pourrait favoriser la propagation non seulement d’Ebola, mais également d’autres maladies liées à l’insalubrité et à la consommation d’eau contaminée.
Face à cette situation, il appelle la REGIDESO à renforcer les efforts afin d’améliorer l’approvisionnement en eau potable dans les différents quartiers de la ville.
En attendant une amélioration de la desserte en eau, le docteur Willy Murhula recommande à la population de recourir à des sources alternatives, notamment l’eau du lac Kivu, de la rivière Ruzizi ou d’autres cours d’eau disponibles, tout en veillant à la traiter avant toute utilisation.
« L’eau provenant de ces sources doit être bouillie ou désinfectée à l’aide de produits de purification disponibles dans les pharmacies afin d’éviter les risques sanitaires », conseille-t-il.
L’agent sanitaire rappelle également que la lutte contre Ebola ne repose pas uniquement sur le lavage des mains. Il invite la population à maintenir les autres mesures de prévention, notamment le port du masque lorsque nécessaire, l’évitement des contacts directs avec les personnes malades ou leurs fluides corporels, le respect de l’hygiène respiratoire et la limitation des rassemblements de masse.
Il recommande par ailleurs aux habitants de signaler rapidement aux services de santé toute personne présentant des symptômes suspects afin de faciliter une prise en charge rapide et de limiter les risques de contamination au sein des communautés.
Alors que la saison sèche accentue les difficultés d’accès à l’eau potable dans plusieurs quartiers de Bukavu, les acteurs sanitaires insistent sur l’urgence de renforcer les infrastructures d’approvisionnement en eau, considérées comme un pilier essentiel de la prévention contre Ebola et d’autres maladies infectieuses.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL-GL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencia.
Riposte contre Ebola : Une délégation de l’Unicef et REMED visite Mungbwalu, épicentre de l’épidémie pour s’enquérir des besoins
Mungbwalu : Face à la menace grandissante de l’épidémie de la maladie à virus Ebola, la synergie des acteurs de la santé continue d’accélérer les stratégies de riposte. Ce mercredi 3 juin, une importante délégation conjointe composée de représentants de l’UNICEF, du ministère national de la Santé et de l’organisation REMED s’est rendue d’urgence dans la Zone de Santé (ZS) de Mungbwalu.

L’objectif principal de cette mission de terrain est double : présenter officiellement le projet de riposte et élaborer un calendrier d’activités urgentes pour contenir la propagation du virus. Mungbwalu étant actuellement considéré comme l’épicentre de l’épidémie, chaque minute compte, derrière chaque chiffre présenté, il y a des enfants et des femmes qui meurent.
Dès leur arrivée, les membres de la délégation ont tenu une séance de travail stratégique avec les forces vives locales, notamment : Le bourgmestre de la commune de Mungbwalu, le Médecin Chef de Zone (MCZ) et l’animateur communautaire.
« Les discussions ont essentiellement tourné autour de l’évaluation des besoins prioritaires sur le terrain et de la définition d’une méthodologie de travail commune pour traquer et stopper efficacement la maladie à virus Ebola », confie Mr Pacôme – Honoré Bisimwa chef des programmes pays du REMED.

Consciente que la victoire contre et l’éradication d’Ebola repose sur une coordination parfaite, la délégation a également établi des contacts étroits avec d’autres géants de l’action humanitaire et sanitaire déjà présents dans la région, à savoir l’OMS (Organisation mondiale de la Santé), l’OIM (Organisation internationale pour les migrations) et MSF (Médecins Sans Frontières).
Cette démarche vise à cartographier et partager les différents plans d’intervention de chaque acteur. L’objectif est de coordonner les activités avec d’autres acteurs sur le terrain, d’optimiser les ressources disponibles et de maximiser l’impact des actions de sensibilisation et de prise en charge pour une adhésion communautaire au changement de comportement auprès de la population de Mungbwalu.

REMED travaille dans le pilier CREC pour lutter contre les rumeurs au sujet de cette maladie en intensifiant des sensibilisations à la communauté via les medias, la formation des relais communautaires et bien d’autres.
Ce projet est exécuté par le REMED et financé par l’UNICEF. Les activités s’inscrivent dans le cadre du projet de Communication sur les Risques et l’Engagement Communautaire (CREC) et de surveillance à base communautaire dans la réponse à la maladie à Virus Ebola dans la province de l’Ituri.

