Sud-Kivu : L’urgence d’une prise en charge psychosociale face à la montée des suicides

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Face à la recrudescence des cas de suicide et des troubles mentaux à Bukavu et dans l’ensemble de la province, les experts tirent la sonnette d’alarme. Le psychologue Alex Centwali appelle les organisations humanitaires à intégrer la santé mentale comme priorité absolue dans leurs interventions.

L’escalade des conflits armés au Sud-Kivu ne laisse pas seulement des ruines matérielles derrière elle. Elle brise des vies de l’intérieur. Entre la perte d’êtres chers et la destruction de biens de valeur, la population est plongée dans une détresse profonde.

Lors d’un entretien accordé à Kivutimes.com ce Mardi 6 janvier 2026, Alex Centwali, Assistant en psychologie clinicienne à l’Université Officielle de Bukavu (UOB), a dressé un constat sans appel.Il fait remarquer que la crise économique et humanitaire actuelle alimente une vague de troubles psychiques sévères. Stress, traumatismes, anxiété et dépression sont devenus le quotidien de milliers de déplacés et de résidents.

« Les organisations humanitaires ne devraient pas intervenir seulement en vivres et non-vivres, mais aussi dans la prise en charge psychologique », a martelé Monsieur Centwali.

Alex Centwali souligne qu’au Sud-Kivu, il ne se passe désormais plus un mois sans qu’un cas de pendaison ou de suicide ne soit enregistré. Pour contrer cette spirale, le psychologue clinicien plaide pour une mobilisation multisectorielle.

D’abord aux humanitaires de dépasser l’aide d’urgence classique (nourriture, abris) pour financer et structurer des programmes de soutien psychosocial.

Aux professionnels de santé, il invite les psychologues et psychothérapeutes à s’investir davantage sur le terrain. Alex Centwali demande aux médias de Jouer un rôle clé dans la sensibilisation de la population à la résilience et à la déstigmatisation des troubles mentaux.

L’objectif est de prévenir les cas de suicide en offrant des espaces d’écoute et de soins appropriés. Pour Alex Centwali, la reconstruction de la province passera inévitablement par la guérison des blessures invisibles de ses habitants. La santé mentale ne doit plus être le parent pauvre de l’action humanitaire au Sud-Kivu, sous peine de voir une génération entière succomber au traumatisme de la guerre a-t-il dit.

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