Uvira, Sud-Kivu:- Les femmes s’engagent à dénoncer les pratiques coutumières et les croyances religieuses qui sapent leur accès à la propriété individuelle et à l’héritage en tant que droits économiques universels. Les femmes d’Uvira, l’ont martelé ce Jeudi 15 Février 2024, dans un séminaire – atelier organisé par GRAIFA dans les enceintes de la Caritas avec l’appui financier de Haella Stichting Pays Bas.
De ce fait , ce séminaire-Atelier a permis aux femmes et filles militantes de droits humains d’acquérir ,d’améliorer et de renforcer leurs compétences dans la lutte contre les pratiques de dépossession de la propriété des femmes particulièrement des veuves ainsi des conseils relatifs à la réhabilitation sociale et juridique des femmes et filles victimes d’abus de leurs droits économiques.

Selon Me Sogoti Busomere Jean Paul, l’un des facilitateurs dans ce séminaire-Atelier , la femme légalement mariée a droit à l’héritage des biens de son défunt mais aussi de ceux de son père. Quant à ce qui est des droits économiques, Me Sogoti Busomere Jean Paul précise que dans l’article 499 et 500 du code de famille, le mari ne peut pas engager des emprunts sans accord de sa femme légalement mariée et c’est toujours dans la volonté du législateur congolais à pouvoir protéger la femme, dit Me Sogoti Busomere Jean Paul.
En ce qui concerne la réalité du respect de ces articles, Me Sogoti ajoute qu’au niveau d’Uvira, dans certains endroits ces droits des femmes ne sont pas respectés. Selon lui, les difficultés se trouvent plus dans les milieux ruraux. Pour les femmes en milieu urbain, les choses marchent un peu bien par rapport à celles du milieu purement rural.
Madame Victorine Sifa, présidente du conseil d’administration de GRAIFA, précise que certaines coutumes et croyances religieuses ne permettent pas aux femmes de jouir leurs droits à la propriété et à l’héritage tels que prévu par la loi. Pour elle, plusieurs femmes ignorent leurs droits, raison pour GRAIFA de renforcer les capacités des femmes militantes qui vont à leur tour restituer et relayer cette matière au niveau des communautés pour un impact positif.

Dans son intervention lors de ce séminaire, le maire adjoint de la ville d’Uvira qui fait l’intérim du maire, a félicité l’organisation GRAIFA pour cette initiative combien de fois capitale. Pour Kifara Kapenda Kik’y, la promotion des droits des femmes et filles est un combat que tout le monde doit s’approprier. Pour lui, il y a déjà des avancées dans ce secteur, comparativement aux années passées. L’autorité urbaine d’Uvira, demande à GRAIFA de ne pas baisser les bras pour cette lutte mais qu’il faut continuer à sensibiliser différentes couches de la population sur la promotion de l’accès des femmes et filles à la propriété individuelle et à l’héritage en tant que droits économiques universels.
Ont pris part à cette activité, les militantes des droits des femmes, des acteurs de la société civile, des leaders religieux, des autorités coutumières, des membres des communautés locales, des autorités urbaines de la ville d’Uvira, la police nationale congolaise pour ne citer que ceux-là.

