Uvira : le PFCIGL lance une formation sur les normes minimales de traitement des petits commerçants transfrontaliers de la région du COMESA

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Uvira, RDC: lancement d’une formation en faveur de 57 multiplicateurs venus d’Uvira, Kiliba, Sange et Luvungi ce lundi 8 décembre 2025 dans la salle des réunions de la Croix-Rouge de la RDC au quartier Nyamianda. Organisée par le Projet de Facilitation du Commerce et Intégration dans la Région des Grands Lacs (PFCIGL) avec le financement de la Banque mondiale, cette session se déroule en deux phases : du 08 au 12 décembre 2025, puis du 15 au 19 décembre 2025. Elle porte sur les normes minimales de traitement des petits commerçants transfrontaliers dans la région du COMESA. Dans son allocution Dieudonné Nzonga, chargé d’administration et finances du PFCIGL et représentant du coordinateur du projet, a souligné l’importance stratégique de cette formation.

Selon lui, l’objectif est de renforcer les connaissances des multiplicateurs sur leurs droits et obligations afin qu’ils puissent exercer leurs activités « en toute quiétude ».Il a ajouté que ces bénéficiaires deviendront, à l’issue de la formation, de véritables relais communautaires chargés de sensibiliser l’ensemble des petits commerçants sur les normes minimales de traitement en vigueur dans l’espace COMESA.

L’atelier a été officiellement lancé par Wasikwa Mukamba Corneille, chef de division provinciale du commerce extérieur au Sud-Kivu. Dans son discours d’ouverture, il a rappelé que les petits commerçants transfrontaliers « méritent un traitement digne dans l’exercice de leurs activités quotidiennes », précisant que la connaissance de leurs droits et devoirs constitue un préalable essentiel pour réduire les abus et renforcer la transparence aux frontières. Il a encouragé les participants à suivre les modules avec assiduité, soulignant que cette formation représente une étape capitale pour l’amélioration du climat des affaires dans la région de COMESA.

Les 57 participants regroupent plusieurs catégories socio-professionnelles notamment : petits commerçants transfrontaliers, représentants de la société civile, agents de la division provinciale du commerce extérieur, agripreneurs, membres de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC). Cette diversité, selon le PFCIGL, permettra d’assurer un maillage efficace de la sensibilisation dans les territoires concernés.

Pour Moïse, vice-président de la plateforme des petits commerçants transfrontaliers d’Uvira et formateur, la formation tombe « à point nommé » car les petits commerçants désormais seront capables de differencier leurs devoirs et leurs droits. Il cite notamment le droit à l’information, rendu possible grâce à l’installation de bureaux d’informations commerciales aux postes frontaliers. Ces bureaux informent les commerçants sur les procédures, les documents requis et les avantages disponibles.

Parmis les nomes il y a cette exigence aux agents frontaliers de porter des tenues distinctives ; les commerçants, quant à eux, doivent pouvoir franchir la frontière sans intimidation et avec respect, tant dans le traitement de leurs documents que lors des contrôles. La libre mobilité des personnes et des marchandises constitue un pilier essentiel du dynamisme économique.

Dans cette formation a été dit que le COMESA reconnaît le rôle crucial du petit commerce transfrontalier, y compris les échanges informels, et a mis en place plusieurs politiques et outils destinés à en faciliter le déroulement, notamment le Régime commercial simplifié (RECOS). Les principaux bénéficiaires de ce programme sont les petits opérateurs économiques, majoritairement des femmes (70 à 80 % dans la région COMESA) qui traversent régulièrement les frontières pour acheter et vendre divers produits, ainsi que leurs associations. Ce commerce à petite échelle contribue également à renforcer la sécurité alimentaire régionale, en acheminant des produits vivriers des zones où ils sont excédentaires vers celles où ils manquent, parfois très isolées.

Ces dispositions accordent une attention particulière à l’égalité de genre et établissent un ensemble de droits et d’obligations fondamentaux pour les commerçants et pour les agents frontaliers, un cadre indispensable pour structurer et officialiser les échanges transfrontaliers, explique Célestin Buchekuderwa, responsable de la composante commerce du PFCIGL. De son côté, Corneille Wasikwa Mukamba, chef de la Division provinciale du commerce extérieur au Sud-Kivu, insiste sur le fait que ces actions visent à organiser et formaliser les activités commerciales à la frontière afin de permettre à l’État d’assurer un meilleur encadrement et une meilleure mobilisation des recettes.

La RDC et le Burundi se sont engagés à appliquer ces normes à travers l’accord commercial signé le 29 avril 2022. L’article 8, alinéa 2, précise que « les deux pays s’engagent à mettre en œuvre le RECOS et à appliquer la charte du COMESA dans tous les postes frontaliers ». Ces mesures couvrent les opérations douanières, les procédures migratoires, la certification, ainsi que la coopération entre les différentes institutions présentes aux frontières. Elles s’appuient sur les instruments déjà adoptés au sein du COMESA pour faciliter les échanges, notamment le Régime commercial simplifié (RECOS) et la charte sur les normes minimales de traitement des petits commerçants transfrontaliers dans la région

Les commerçants bénéficient également du droit à la protection contre le harcèlement et les abus. L’application des normes minimales vise notamment :la réduction des cas de saisies injustifiées, la diminution des demandes de pots-de-vin, une meilleure transparence des contrôles,

Cependant, ces droits s’accompagnent d’obligations. Pour bénéficier des avantages du régime simplifié du COMESA, les petits commerçants doivent notamment : résider dans un pays membre du COMESA, généralement dans une zone frontalière,disposer du statut officiel de petit commerçant, utiliser uniquement les produits figurant sur la liste commune des biens éligibles, respecter les plafonds de valeur des transactions, fournir les documents requis (pièce d’identité, facture, certificats d’origine ou phytosanitaires).

En outillant les multiplicateurs sur ces normes, le PFCIGL et ses partenaires entendent professionnaliser le commerce transfrontalier, réduire les conflits aux frontières et promouvoir une mobilité commerciale facilitée dans la région des Grands Lacs. Signalons que le projet de Facilitation de Commerce et Intégration dans la Région des Grands est un projet du Gouvernement congolais à travers le ministère de Commerce extérieur financé par la Banque Mondiale.

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